L’hiver

François-Marie Robert-Dutertre


Plus de belle campagne,

Plus de feuillage vert,

L’enfant de la montagne,

Hirondelle d’hiver,

Chante en la cheminée

Où naguère a chanté,

Aux beaux jours de l’année,

L’hirondelle d’été.

Et sur les promenades

Plus de charmants bouquets,

Plus de douces œillades,

De manèges coquets,

Là-bas, sous les grands ormes,

Où venaient tous les soirs,

Femmes aux blanches formes,

Aux épais cheveux noirs.

Or, que faire en sa chambre

Quand, sur ses traits maigris,

Le soleil de décembre

Met son capuchon gris !

Il faut se mettre à l’aise,

Commodément assis,

Et, les pieds dans la braise,

S’endormir sans soucis.

Ou bien si d’aventure

On a le cœur épris

Pour une créature

Qui ne soit pas sans prix,

Il fait bon, il me semble,

La prendre dans ses bras,

Et tous les deux ensemble,

Se mettre entre deux draps.