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L’hyver

D’un seul poinct le soleil n’esloigne l’hemisphere ;

Il jette moins d’ardeur, mais autant de lumiere.

Je change sans regrets, lorsque je me repens

Des frivoles amours et de leur artifice.

J’ayme l’hyver qui vient purger mon cœur de vice,

Comme de peste l’air, la terre de serpens.Mon chef blanchit dessous les neiges entassées.

Le soleil, qui reluit, les eschauffe, glacées,

Mais ne les peut dissoudre, au plus court de ses mois.

Fondez, neiges ; venez dessus mon cœur descendre,

Qu’encores il ne puisse allumer de ma cendre

Du brazier, comme il fit des flammes autrefois.