Mnasyle

Albert Samain


Le troupeau maigre épars aux roches du rivage

Broute le noir genièvre et la menthe sauvage

Au large la mer luit comme un métal ardent.

Soudain le bouc lascif se dresse et, titubant,

Sur la chèvre efflanquée à l’échiné rugueuse

Satisfait au soleil sa luxure fougueuse.

Et Mnasyle, l’éphèbe en fleur de Scyoné,

Aussi beau qu’une vierge et d’iris couronné,

De ses longs yeux d’or noir le regarde étonné ;

Et, pris de langueur vague en l’exil de la grève,

Laisse flotter sa main sur sa chair nue, et rêve