Ô Soleil, Ô Face Divine

Victor Hugo


Ô soleil, ô face divine,

Fleurs sauvages de la ravine,

Grottes où l’on entend des voix,

Parfums que sous l’herbe ou devine,

Ô ronces farouches des bois,
Monts sacrés, hauts comme l’exemple,

Blancs comme le fronton d’un temple,

Vieux rocs, chêne des ans vainqueur,

Dont je sens, quand je vous contemple,

L’âme éparse entrer dans mon coeur,
Ô vierge forêt, source pure,

Lac limpide que l’ombre azure,

Eau chaste où le ciel resplendit,

Conscience de la nature,

Que pensez-vous de ce bandit ?
Jersey, 2 décembre 1852