Rondel

Tristan Corbière


Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !

Il n’est plus de nuits, il n’est plus de jours ;

Dors en attendant venir toutes celles

Qui disaient : Jamais ! Qui disaient : Toujours !
Entends-tu leurs pas ? Ils ne sont pas lourds :

Oh ! les pieds légers ! l’Amour a des ailes

Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !
Entends-tu leurs voix ? Les caveaux sont sourds.

Dors : Il pèse peu, ton faix d’immortelles :

Ils ne viendront pas, tes amis les ours,

Jeter leur pavé sur tes demoiselles

Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !