Soleils Couchants

Victor Hugo


Oh ! regardez le ciel ! cent nuages mouvants,

Amoncelés là-haut sous le souffle des vents,

Groupent leurs formes inconnues ;

Sous leurs flots par moments flamboie un pâle éclair.

Comme si tout à coup quelque géant de l’air

Tirait son glaive dans les nues.Le soleil, à travers leurs ombres, brille encor ;

Tantôt fait, à l’égal des larges dômes d’or,

Luire le toit d’une chaumière ;

Ou dispute aux brouillards les vagues horizons ;

Ou découpe, en tombant sur les sombres gazons,

Comme de grands lacs de lumière.