Skip to content

Sonnet

Mon âme est en vos mains heureusement étreinte

Du plus gracieux noeud qu’oncq’ beauté n’enlaça ;

Une plus douce flèche oncques coeur ne blessa

Que celle qui par vous dedans mon sang est teinte ;

Plus docte poésie en votre esprit est peinte

Qu’oncques sur Iélicon Apollon n’en pensa ;

Un plus illustre rêts oncq’ Phébus n’élança

Qu’est celui dont mon coeur nourrit sa flamme empreinte,

De Python, des neuf Sueurs, et des Grâces, ensemble

La troupe des Vertus, en vous seule s’assemble,

Et la fureur d’Amour toute en moi seul abonde.

Si vous aimez autant doncq’ mes affections,

Comme doux m’est le joug de vos perfections,

Un si vrai pair d’amour ne serait point au monde.