Sonnet Impressionniste (4)

Alphonse Beauregard


Les haches sonnent dur, le sol est presque nu,

A la terre, les gels d’automne se font rudes.

— Amante qui chassa l’amant par lassitude,

Et souffre, tant qu’un autre amour n’est pas venu.

Douleur inhérente aux changements d’habitude !

Plein de souches et maigre auprès du mont charnu,

Un coteau que la faim de l’homme a reconnu

Montre des crocs géants aux riches altitudes.

Doute cuisant. Un tel chaos de bois brûlé,

Ces ronces et, plus loin, la baissière glaçante

Seront-ils un berceau propice au tendre blé ?

Et sur la forêt haute, auguste et menacante,

Une telle beauté tombe du ciel en feu :

Que le blé me parait en échange bien peu.