Télésille

Amable Tastu


Scène lyrique

It is a place full of

Storied and poetical associations

WASHINGTON IRWING.

RÉCITATIF.
Dieu des beaux-arts, père de l’harmonie,

Vois régner en ces lieux la guerre et ses fureurs !

Tu m’abandonnes ! dans les pleurs

S’éteint le feu de mon génie.

O douleur ! je verrai des vainqueurs insolens

Dans ces murs apporter la flamme ;

Nos autels renversés, nos guerriers expirans ;

Et moi ! je ne suis qu’une femme !
CANTABILE.
Éloignez-vous, pressentimens trompeurs

Qui troublez la paix de ma vie !

Un Dieu peut sauver ma patrie,

Et mettre un terme à nos malheurs !

Et toi, ma compagne fidèle,

Lyre, doux écho de mes chants,

Reviens , et rends-moi ces accens

Qui m’ont promis une gloire immortelle.

Reviens, reviens, ma compagne fidèle,

Lyre, doux écho de mes chants !
RÉCITATIF.
O ciel ! quelle terreur nouvelle

Agite ce peuple éperdu ?

Partout une voix trop fidèle

Redit ces mots : Tout est perdu ?
AIR.
Où suis-je ? quel brûlant délire !

Mon cœur palpite je frémis

Ah ! je le sens, un Dieu m’inspire ;

J’entends sa voix me dire :

Combats, et sauve ton pays !
Ma patrie , en proie aux alarmes,

Veut des soldats, et non des larmes ;

A mes transports unissez-vous ;

A votre tour défendez vos époux,

Femmes d’Argos, prenez les armes !

Courez, et de vos faibles mains

Saisissez la lance homicide ;

Que l’airain cache un front timide :

forçons les Dieux à changer nos destins !
ROMANCE.
Adieu, tranquille solitude,

Témoin de mes heureux loisirs ;

Douce paix , poésie, étude,

Je renonce à tous vos plaisirs.
Fleurs qui parez ma chevelure,

Aimables filles du matin,

Fuyez ; une pesante armure

Va couvrir ma tête et mon sein.
Lyre, trop long-temps délaissée,

Enfant des arts, chère aux amours,

Interprète de ma pensée,

Adieu ! peut-être pour toujours !
FINAL.
Un Dieu me conduit et m’inspire,

Sa voix commande, j’obéis ;

Sans cesse je l’entends redire :

Combats, et sauve ton pays !
CHOEUR.
Saisissons la lance homicide ;

D’un glaive armons nos faibles mains ;

Que l’airain cache un front timide :

Forçons les Dieux à changer nos destins.