Un Jour, Le Morne Esprit

Victor Hugo


Un jour, le morne esprit, le prophète sublime

Qui rêvait à Patmos,

Et lisait, frémissant, sur le mur de l’abîme

De si lugubres mots,
Dit à son aigle : — Ô monstre ! il faut que tu m’emportes.

Je veux voir Jéhovah.-

L’aigle obéit. Des cieux ils franchirent les portes ;

Enfin, Jean arriva ;
Il vit l’endroit sans nom dont nul archange n’ose

Traverser le milieu,

Et ce lieu redoutable était plein d’ombre, à cause

De la grandeur de Dieu.

Jersey, septembre 1855.