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Recueil : Album De Vers Anciens

L’amateur De Poèmes

Si je regarde tout à coup ma véritable pensée, je ne me console pas de devoir subir cette parole intérieure sans personne et sans origine ; ces figures éphémères ; et cette infinité d’entreprises interrompues par leur propre facilité, qui se transforment l’une dans l’autre, sans que rien ne change…

Vue

Si la plage planche, si L’ombre sur l’oeil s’use et pleure Si l’azur est larme, ainsi Au sel des dents pure affleure La vierge fumée ou l’air Que berce en soi puis expire Vers l’eau debout d’une mer Assoupie en son empire Celle qui sans les ouïr Si la lèvre…

Valvins

Si tu veux dénouer la forêt qui t’aère Heureuse, tu te fonds aux feuilles, si tu es Dans la fluide yole à jamais littéraire, Traînant quelques soleils ardemment situés Aux blancheurs de son flanc que la Seine caresse Émue, ou pressentant l’après-midi chanté, Selon que le grand bois trempe une…

Un Feu Distinct

Un feu distinct m’habite, et je vois froidement La violente vie illuminée entière Je ne puis plus aimer seulement qu’en dormant Ses actes gracieux mélangés de lumière. Mes jours viennent la nuit me rendre des regards, Après le premier temps de sommeil malheureux; Quand le malheur lui-même est dans le…

Profusion Du Soir

Poème Abandonné Du soleil soutenant la puissante paresse Qui plane et s’abandonne à l’oeil contemplateur, Regard! Je bois le vin céleste, et je caresse Le grain mystérieux de l’extrême hauteur. Je porte au sein brûlant ma lucide tendresse, Je joue avec les feux de l’antique inventeur; Mais le dieu par…

Orphée

Je compose en esprit, sous les myrtes, Orphée L’Admirable! le feu, des cirques purs descend; Il change le mont chauve en auguste trophée D’où s’exhale d’un dieu l’acte retentissant. Si le dieu chante, il rompt le site tout-puissant; Le soleil voit l’horreur du mouvement des pierres; Une plainte inouïe appelle…

Narcisse Parle

Narcissiae placandis manibus. Ô frères! tristes lys, je languis de beauté Pour m’être désiré dans votre nudité, Et vers vous, Nymphe, Nymphe, ô Nymphe des fontaines, Je viens au pur silence offrir mes lames vaines. Un grand calme m’écoute, où j’écoute l’espoir. La voix des sources change et me parle…

Naissance De Vénus

De sa profonde mère, encor froide et fumante, Voici qu’au seuil battu de tempêtes, la chair Amèrement vomie au soleil par la mer, Se délivre des diamants de la tourmente. Son sourire se forme, et suit sur ses bras blancs Qu’éplore l’orient d’une épaule meurtrie, De l’humide Thétis la pure…

Même Féerie

La lune mince verse une lueur sacrée, Comme une jupe d’un tissu d’argent léger, Sur les masses de marbre où marche et croit songer Quelque vierge de perle et de gaze nacrée. Pour les cygnes soyeux qui frôlent les roseaux De carènes de plume à demi lumineuse, Sa main cueille…

Les Vaines Danseuses

Celles qui sont des fleurs légères sont venues, Figurines d’or et beautés toutes menues Où s’irise une faible lune Les voici Mélodieuses fuir dans le bois éclairci. De mauves et d’iris et de nocturnes roses Sont les grâces de nuit sous leurs danses écloses. Que de parfums voilés dispensent leurs…

Le Bois Amical

Nous avons pensé des choses pures Côte à côte, le long des chemins, Nous nous sommes tenus par les mains Sans dire parmi les fleurs obscures; Nous marchions comme des fiancés Seuls, dans la nuit verte des prairies; Nous partagions ce fruit de féeries La lune amicale aux insensés Et…

La Fileuse

Assise, la fileuse au bleu de la croisée Où le jardin mélodieux se dodeline; Le rouet ancien qui ronfle l’a grisée. Lasse, ayant bu l’azur, de filer la câline Chevelure, à ses doigts si faibles évasives, Elle songe, et sa tête petite s’incline. Un arbuste et l’air pur font une…

Hélène

Azur! c’est moi Je viens des grottes de la mort Entendre l’onde se rompre aux degrés sonores, Et je revois les galères dans les aurores Ressusciter de l’ombre au fil des rames d’or. Mes solitaires mains appellent les monarques Dont la barbe de sel amusait mes doigts purs; Je pleurais.…

Féerie

La lune mince verse une lueur sacrée, Toute une jupe d’un tissu d’argent léger, Sur les bases de marbre où vient l’Ombre songer Que suit d’un char de perle une gaze nacrée. Pour les cygnes soyeux qui frôlent les roseaux De carènes de plume à demi lumineuse, Elle effeuille infinie…

Été

À Francis Vielé-Griffin. Été, roche d’air pur, et toi, ardente ruche, Ô mer! Éparpillée en mille mouches sur Les touffes d’une chair fraîche comme une cruche, Et jusque dans la bouche où bourdonne l’azur; Et toi, maison brûlante, Espace, cher Espace Tranquille, où l’arbre fume et perd quelques oiseaux, Où…