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Recueil : Amour

Un Veuf Parle

Je vois un groupe sur la mer. Quelle mer ? Celle de mes larmes. Mes yeux mouillés du vent amer Dans cette nuit d’ombre et d’alarmes Sont deux étoiles sur la mer. C’est une toute jeune femme Et son enfant déjà tout grand. Dans une barque où nul ne rame,…

Un Crucifix

Au bout d’un bas-côté de l’église gothique, Contre le mur que vient baiser le jour mystique D’un long vitrail d’azur et d’or finement roux, Le Crucifix se dresse, ineffablement doux, Sur sa croix peinte en vert aux arêtes dorées, Et la gloire d’or sombre en langues échancrées Flue autour de…

Un Conte

Simplement, comme on verse un parfum sur une flamme Et comme un soldat répand son sang pour la patrie, Je voudrais pouvoir mettre mon cœur avec mon âme Dans un beau cantique à la sainte Vierge Marie. Mais je suis, hélas ! un pauvre pécheur trop indigne, Ma voix hurlerait…

There

( A Émile Le Brun)  » Angels  » ! seul coin luisant dans ce Londres du soir, Où flambe un peu de gaz et jase quelque foule, C’est drôle que, semblable à tel très dur espoir, Tout souvenir m’obsède et puissamment enroule Autour de mon esprit un regret rouge et noir :…

Sur Un Reliquaire

(Sur un reliquaire qu’on lui avait dérobé) Seul bijou de ma pauvreté. Ton mince argent, ta perle fausse (En tout quatre francs), ont tenté Quelqu’un dont l’esprit ne se hausse, Parmi ces paysans cafards À vous dégoûter d’être au monde, — Tas d’Onans et de Putiphars ! — Que juste…

Mon Fils Est Mort

Mon fils est mort. J’adore, ô mon Dieu, votre loi. — Je vous offre les pleurs d’un cœur presque parjure , Vous châtiez bien fort et parferez la foi Qu’alanguissait l’amour pour une créature. Vous châtiez bien fort. Mon fils est mort, hélas ! Vous me l’aviez donné, voici que…

Lucien Létinois (i)

Mon fils est mort. J’adore, ô mon Dieu, votre loi. Je vous offre les pleurs d’un coeur presque parjure ; Vous châtiez bien fort et parferez la foi Qu’alanguissait l’amour pour une créature. Vous châtiez bien fort. Mon fils est mort, hélas ! Vous me l’aviez donné, voici que votre…

La Belle Au Bois Dormait

La Belle au Bois dormait. Cendrillon sommeillait. Madame Barbe-bleue ? elle attendait ses frères ; Et le petit Poucet, loin de l’ogre si laid, Se reposait sur l’herbe en chantant des prières. L’Oiseau couleur-du-temps planait dans l’air léger Qui caresse la feuille au sommet des bocages Très nombreux, tout petits,…

Il Parle Encore

Ni pardon ni répit, dit le monde, Plus de place au sénat du loisir ! On rend grâce et justice au désir Qui te prend d’une paix si profonde, Et l’on eût fait trêve avec plaisir, Mais la guerre est jalouse : il faut vivre Ou mourir du combat qui…

Gais Et Contents

A Charles Vesseron Une chanson folle et légère Comme le drapeau tricolore Court furieusement dans l’air, Fifrant une France âpre encor. Sa gaîté qui rit d’elle-même Et du reste en passant se moque Pourtant veut bien dire : Tandem ! Et vaticine le grand choc. Écoutez ! le flonflon se…

Écrit En 1875

J’ai naguère habité le meilleur des châteaux Dans le plus fin pays d’eau vive et de coteaux : Quatre tours s’élevaient sur le front d’autant d’ailes, Et j’ai longtemps, longtemps habité l’une d’elles. Le mur, étant de brique extérieurement, Luisait rouge au soleil de ce site dormant, Mais un lait…

Drapeau Vrai

A Raymond de La Tailhède Le soldat qui sait bien et veut bien son métier Sera l’homme qu’il faut au Devoir inflexible : Le Devoir, qu’il combatte ou qu’il tire à la cible, Qu’il s’essore à la mort ou batte un plat sentier ; Le Devoir, qu’il subisse (et l’aime…

Délicatesse

A Mademoiselle Rachilde Tu nous rends l’égal des héros et des dieux, Et, nous procurant d’être les seuls dandies, Fais de nos orgueils des sommets radieux, Non plus ces foyers de troubles incendies. Tu brilles et luis, vif astre aux rayons doux, Sur l’horizon noir d’une lourde tristesse. Par toi…