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Recueil : Cendres Et Poussières

Vers D’amour

 » I’ve been a ranger  » J. Keats Tu gardes dans tes yeux la volupté des nuits, O joie inespérée au fond des solitudes ! Ton baiser est pareil à la saveur des fruits Et ta voix fait songer aux merveilleux préludes Murmurés par la mer à la beauté des nuits. Tu portes…

Velléité

Dénoue enfin tes bras fiévreux, ô ma Maîtresse ! Délivre-moi du joug de ton baiser amer, Et, loin de ton parfum dont l’impudeur m’oppresse, Laisse-moi respirer les souffles de la mer. Loin des langueurs du lit, de l’ombre et de l’alcôve, J’aspirerai le sel du vent et l’âcreté Des algues, et…

Ton Âme

Pour une amie solitaire et triste. Ton âme, c’est la chose exquise et parfumée Qui s’ouvre avec lenteur, en silence, en tremblant, Et qui, pleine d’amour, s’étonne d’être aimée. Ton âme, c’est le lys, le lys divin et blanc. Comme un souffle des bois remplis de violettes, Ton souffle rafraîchit…

Sur Le Rythme Saphique

La lune s’est couchée, ainsi que les Pléiades ; il est minuit, l’heure passe, et je dors solitaire. Psappha L’ombre se drapait en des voiles de veuves, La mer aspirait le sang tiède des fleuves, L’Aphrodita blonde au regard décevant Riait en rêvant. J’entendis gémir, au profond de l’espace, Celle qui…

Sonnet Féminin

Ta voix a la langueur des lyres lesbiennes, L’anxiété des chants et des odes saphiques, Et tu sais le secret d’accablantes musiques Où pleure le soupir d’unions anciennes. Les Aèdes fervents et le Musiciennes T’enseignèrent l’ampleur des strophes érotiques Et la gravité des lapidaires distiques. Jadis tu contemplas les nudités…

Sonnet

Les algues entr’ouvraient leurs âpres cassolettes D’où montait une odeur de phosphore et de sel, Et, jetant leurs reflets empourprés vers le ciel, Semblaient, au fond des eaux, un lit de violettes. La blancheur d’un essor palpitant de mouettes Mêlait au frais nuage un frisson fraternel ; Les vagues prolongeaient leur…

Sommeil

O Sommeil, ô Mort tiède, ô musique muette ! Ton visage s’incline éternellement las, Et le songe fleurit à l’ombre de tes pas, Ainsi qu’une nocturne et sombre violette. Les parfums affaiblis et les astres décrus Revivent dans tes mains aux pâles transparences, Evocateur d’espoirs et vainqueur de souffrances Qui nous…

Prophétie

Tes cheveux aux blonds verts s’imprègnent d’émeraude Sous le ciel pareil aux feuillage clairs. L’odeur des pavots se répand et rôde Ainsi qu’un soupir mourant dans les airs. Les yeux attachés sur ton fin sourire, J’admire son art et sa cruauté, Mais la vision des ans me déchire, Et, prophétiquement,…

Les Arbres

Dans l’azur de l’avril, dans le gris de l’automne, Les arbres ont un charme inquiet et mouvant. Le peuplier se ploie et se tord sous le vent, Pareil aux corps de femme où le désir frissonne. Sa grâce a des langueurs de chair qui s’abandonne, Son feuillage murmure et frémit…

Locusta

Nul n’a mêlé ses pleurs au souffle de ma bouche, Nul sanglot n’a troublé l’ivresse de ma couche, J’épargne à mes amants les rancœurs de l’amour. J’écarte de leur front la brûlure du jour, J’éloigne le matin de leurs paupières closes, Ils ne contemplent pas l’accablement des roses. Seule je…

Les Amazones

On voit errer au loin les yeux d’or des lionnes L’Artémis, à qui plait l’orgueil des célibats, Qui sourit aux fronts purs sous les pures couronnes, Contemple cependant sans colère, là-bas, S’accomplir dans la nuit l’hymen des Amazones, Fier, et semblable au choc souverain des combats. Leur regard de dégoût…

Le Sang Des Fleurs

Ainsi que, sur les montagnes, les pâtres foulent aux pieds l’hyacinthe, et la fleur s’empourpre sur la terre. Psappha Le soir s’attriste encor de ses clartés éteintes. Des rêves ont troublé l’air pâle et languissant, Et, chantant leurs amours, les pâtres, en passant, Écrasent lourdement les frêles hyacinthes. L’herbe est…

L’automne

L’Automne s’exaspère ainsi qu’une Bacchante Ivre du sang des fruits et du sang des baisers Et dont on voit frémir les seins inapaisés L’Automne s’assombrit ainsi qu’une Bacchante Au sortir des festins éclatants et qui chante La moite lassitude et l’oubli des baisers. Les yeux à demi clos, l’Automne se…