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Recueil : Chansons

Toi Qui Fais Rêver, Ô Brune

Toi qui fais rêver, ô brune Si pâle, de clair de lune ; Des heures blanches et lentes Où les colombes lamentent ; Le jour efface la lune, Les blondes se rient des brunes. Je t’ai onze jours aimée : L’amour, n’est-ce pas fumée ?

Toi Qu’empourprait

Toi qu’empourprait l’âtre d’hiver Comme une rouge nue Où déjà te dessinait nue L’arôme de ta chair ; Ni vous, dont l’image ancienne Captive encor mon coeur, Ile voilée, ombres en fleurs, Nuit océanienne ; Non plus ton parfum, violier Sous la main qui t’arrose, Ne valent la brûlante rose…

Réveil

Si tu savais encor te lever de bonne heure, On irait jusqu’au bois, où, dans cette eau qui pleure Poursuivant la rainette, un jour, dans le cresson Tremblante, tes pieds nus ont leur nacre baignée. Déjà le rossignol a tari sa chanson ; L’aube a mis sa rosée aux toiles…

Quelquefois

Quelquefois, après des ébats polis, J’agitai si bien, sur la couche en déroute, Le crincrin de la blague et le sistre du doute Que les bras t’en tombaient du lit. Après ça, tu marchais, tu marchais quand même ; Et ces airs, hélas, de doux chien battu, C’est à vous…

Plus Oultre

Au mois d’aimer, au mois de Mai, Quand Zo’ va cherchant sous les branches Le bien-aimé, Son jupon, tendu sur les hanches ; Me fait songer à l’aile blanche Du voilier Mers qui battez au pied des mornes Et dont un double Pilier. Dressa les bornes.

La Vie Est Plus Vaine

La vie est plus vaine une imageQue l’ombre sur le mur.Pourtant l’hiéroglyphe obscurQu’y trace ton passageM’enchante, et ton rire pareilAu vif éclat des armes ;Et jusqu’à ces menteuses larmesQui miraient le soleil.Mourir non plus n’est ombre vaine.La nuit, quand tu as peur,N’écoute pas battre ton coeur :C’est une étrange peine.

Les Trois Dames D’albi

Filippa, Faïs, Esclarmonde, Les plus rares, que l’on put voir, Beautés du monde ; Mais toi si pâle encor d’avoir Couru la lune l’autre soir Aux quatre rues, Écoute : au bruit noir des chansons Satan flagelle tes soeurs nues ; Viens, et dansons.

Le Tremble Est Blanc

Le temps irrévocable a fui. L’heure s’achève. Mais toi, quand tu reviens, et traverses mon rêve, Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève, Tes yeux plus clairs. A travers le passé ma mémoire t’embrasse. Te voici. Tu descends en courant la terrasse Odorante, et tes faibles…

Le Temps D’adonis

Dans la saison qu’Adonis fut blessé, Mon caeur aussi de l’atteinte soudaine D’un regard lancé. Hors de l’abyme où le temps nous entraîne, T’évoquerai-je, ô belle, en vain ô vaines Ombres, souvenirs. Ah ! dans mes bras qui pleurais demi-nue, Certe serais encore, à revenir, Ah ! la bienvenue.

L’alchimiste

Satan, notre meg, a dit Aux rupins embrassés des rombières :  » Icicaille est le vrai paradis Dont les sources nous désaltèrent. La vallace couleur du ciel Y lèche le long des allées Le pavot chimérique et le bel Iris, et les fleurs azalées. La douleur, et sa soeur l’Amour, La…

En Arles

Dans Arles, où sont les Aliscams, Quand l’ombre est rouge, sous les roses, Et clair le temps, Prends garde à la douceur des choses. Lorsque tu sens battre sans cause Ton coeur trop lourd ; Et que se taisent les colombes : Parle tout bas, si c’est d’amour, Au bord…

Alcôve Noire

Ces premiers froids que l’on réchauffe d’un sarment, – Et des platanes d’or le long gémissement, – Et l’alcôve au lit noir qui datait d’Henri IV, Où ton corps, au hasard de l’ombre dévêtu, S’illuminait parfois d’un rouge éclair de l’âtre, Quand tu m’aiguillonnais de ton genou pointu, Chevaucheuse d’amour…