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Recueil : Derniers poèmes

Le Lac

C’est une mer, un Lac blême, maculé d’îles Sombres, et pullulant de vastes crocodiles Qui troublent l’eau sinistre et qui claquent des dents. Quand la nuit morne exhale et déroule sa brume, Un brusque tourbillon de moustiques stridents Sort de la fange chaude et de l’herbe qui fume, Et dans…

La Prairie

Dans l’immense Prairie, océan sans rivages, Houles d’herbes qui vont et n’ont pas d’horizons, Cent rouges cavaliers, sur les mustangs sauvages, Pourchassent le torrent farouche des bisons. La plume d’aigle au crâne, et de la face au torse Striés de vermillon, arc au poing et carquois Pendu le long des…

L’aigu Bruissement

L’aigu bruissement des ruches naturelles, Parmi les tamarins et les manguiers épais, Se mêlait, tournoyant dans l’air subtil et frais, À la vibration lente des bambous grêles Où le matin joyeux dardait l’or de ses rais. Le vent léger du large, en longues nappes roses Dont la houle indécise avivait…

Le Baiser Suprême

Sur un groupe du Statuaire E. Christophe. Heureux qui, possédant la Chimère éternelle, Livre au Monstre divin un cœur ensanglanté, Et savoure, pour mieux s’anéantir en elle, L’extase de la mort et de la volupté Dans l’éclair d’un baiser qui vaut l’éternité !

À Victor Hugo

Dors, Maître, dans la paix de ta gloire ! Repose, Cerveau prodigieux, d’où, pendant soixante ans, Jaillit l’éruption des concerts éclatants ! Va ! la mort vénérable est ton apothéose : Ton Esprit immortel chante à travers les temps ! Pour planer à jamais dans la Vie infinie, Il brise…

La Fatalité

Sur un groupe du Statuaire E. Christophe. L’épée en main, le pied sur la roue immortelle, Douce à l’homme futur, terrible au dieu dompté, Elle vole, les yeux dardés droit devant elle, Dans sa grâce, sa force et sa sérénité !

Je Ris

Je ris, je suis un pitre un monstre Je suis un galérien Mais j’imagine qu’un jour à travers la Ville Paris fabuleuse, unique ville que j’aime Je marcherai après les années de prison Après le coup de grisou Après le souterrain hanté Les jours interminables Le désespoir, l’affreux tourment du…

Chaque Matin

Chaque matin je reste immobile sur ma couche N’osant bouger Je me tourne sur le côté gauche et je crache à pleine bouche Je crie que l’on ferme la fenêtre Je me débats contre des millions d’êtres Qui me dévorent le coeur et les poumons Qui m’enlèvent tout espoir et…