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Recueil : Études Et Préludes

Victoire

Donne-moi tes baisers amers comme des larmes, Le soir, quand les oiseaux s’attardent dans leurs vols. Nos longs accouplements sans amour ont les charmes Des rapines, l’attrait farouche des viols. Tes yeux ont reflété la splendeur de l’orage Exhale ton mépris jusqu’en ta pâmoison, O très chère ! Ouvre-moi tes lèvres…

Tes Cheveux Irréels

Tes cheveux irréels, aux reflets clairs et froids, Ont de pâles lueurs et des matités blondes ; Tes regards ont l’azur des éthers et des ondes ; Ta robe a le frisson des brises et des bois. Je brûle de baisers la blancheur de tes doigts. L’air nocturne répand la poussière des…

Ta Forme Est Un Éclair

Ta forme est un éclair qui laisse les bras vides, Ton sourire est l’instant que l’on ne peut saisir Tu fuis, lorsque l’appel de mes lèvres avides T’implore, ô mon Désir ! Plus froide que l’Espoir, ta caresse cruelle Passe comme un parfum et meurt comme un reflet. Ah ! l’éternelle faim…

Lucidité

L’art délicat du vice occupe tes loisirs, Et tu sais réveiller la chaleur des désirs Auxquels ton corps perfide et souple se dérobe. L’odeur du lit se mêle aux parfums de ta robe. Ton charme blond ressemble à la fadeur du miel. Tu n’aimes que le faux et l’artificiel, La…

Morts Inquiets

L’éclat de la fanfare et l’orgueil des cymbales, Réveillant les échos, se prolongent là-bas, Et, sous l’herbe sans fleurs des fosses martiales, Les guerriers assoupis rêvent d’anciens combats. Ils ne s’enivrent point des moiteurs de la terre Tiède de baisers las et de souffles enfuis Seuls, ils ne goûtent point…

Naïade Moderne

Les remous de la mer miroitaient dans ta robe. Ton corps semblait le flot traître qui se dérobe. Tu m’attirais vers toi comme l’abîme et l’eau ; Tes souples mains avaient le charme du réseau, Et tes vagues cheveux flottaient sur ta poitrine, Fluides et subtils comme l’algue marine. Cet attrait…

Nocturne

J’adore la langueur de ta lèvre charnelle Où persiste le pli des baisers d’autrefois. Ta démarche ensorcelle, Et la perversité calme de ta prunelle A pris au ciel du nord ses bleus traîtres et froids. Tes cheveux, répandus ainsi qu’une fumée, Clairement vaporeux, presque immatériels, Semblent, ô Bien-Aimée, Recéler les…

Nudité

L’ombre jetait vers toi des effluves d’angoisse : Le silence devint amoureux et troublant. J’entendis un soupir de pétales qu’on froisse, Puis, lys entre les lys, m’apparut ton corps blanc. J’eus soudain le mépris de ma lèvre grossière Mon âme fit ce rêve attendri de poser Sur ta grâce où longtemps…

Ô Forme Que Les Mains

O forme que les mains ne sauraient retenir ! Comme au ciel l’élusif arc-en-ciel s’évapore, Ton sourire, en fuyant, laisse plus vide encore Le cœur endolori d’un trop doux souvenir. Ton caprice lassé, comment le rajeunir, Afin qu’il refleurisse aux fraîcheurs d’une aurore ? Quels mots te murmurer, et quel lys faire…

Ondine

Ton rire est clair, ta caresse est profonde, Tes froids baisers aiment le mal qu’ils font ; Tes yeux sont bleus comme un lotus sur l’onde, Et les lys d’eau sont moins purs que ton front. Ta forme fuit, ta démarche est fluide, Et tes cheveux sont de légers réseaux ; Ta…

Soir

La lumière agonise et meurt à tes genoux. Viens, ô toi dont le front impénétrable et doux Porte l’accablement des pesantes années : Douloureuse et les traits mortellement pâlis, Viens, sans autre parfum dans ta robe à longs plis Que le souffle des fleurs depuis longtemps fanées. Viens, sans fard à…