Souvent, Le Front Posé Sur Tes Genoux

Souvent, le front posé sur tes genoux, je pleure,

Plus faible que ton cœur amoureux, faible femme,

Et ma main qui frémit en recevant tes larmes

Se dérobe aux baisers de feu dont tu l’effleures.

 » Mais, dis-tu, cher petit enfant, tu m’inquiètes ;

J’ai peur obscurément de cette peine étrange :

Quel incurable rêve ignoré des amantes

L’Infini met-il donc au cœur de ces poètes ?  »

Il ne faut plus parler, ma bien-aimée. Ah ! Laisse…

La douceur de tes doigts à mes tempes me blesse.

Sache qu’il est ainsi d’immenses nuits d’étoiles

Où j’implore, malgré mon cœur, que tu t’éloignes,

Où ta voix, tes serments, ta bouche et ta chair nue

Ne font qu’approfondir ma détresse inconnue.

Stériles Nuits D’hiver Où Ton Âme Trop Pauvre

Stériles nuits d’hiver où ton âme trop pauvre,

Haineuse et lâche, éparse au vent, boueuse et noire,

Fuyant l’âtre où les chats obséquieux se chauffent

Et le thé musical et blond des rêveurs sobres,

Dans la rue où l’impur amour chuchote et rôde

Porte comme une croix son lourd désir de gloire !

Retourne boire alors dans les tavernes, boire

Les vins de pourpre où l’œil voit fleurir sous des roses

Les jeunes seins légers des danseuses d’Hérode,

Les vins d’ambre pareils aux feuillages d’octobre,

Et la liqueur de lait, d’opale et d’émeraude.

Ô ruches de rumeur inféconde, tavernes

Où vont mortellement rire jusqu’au jour terne

Les rêveurs qui sont veufs d’amour et de génie !

On dément sa douleur et son cœur, on renie

La foi qui réconforte et le bel art sincère,

Et les âcres poisons qu’on puise dans les verres

Accroissent l’impuissance et les sourdes colères.

Ô fins des nuits, départs lugubres des tavernes

Quand le vent fait tinter les vitres des lanternes !

Un train siffle, la neige est noire dans les rues,

Et les arbres plaintifs croisent leurs ombres nues

Le long des murs où le poète, enfant divin,

Titube pesamment de tristesse et de vin.

Va-t’en, la pierre humide est bonne au sang qui brûle,

Va-t’en, rêveur, poser tes coudes et ton front

Sur le granit rugueux du parapet d’un pont.

Ta bouche desséchée aspirera la brume,

La fraîcheur de la mort remplira tes narines,

Et tu verras, funèbre et forte volupté,

Le fleuve, sombre, large et lourd comme un Léthé,

Grand voyageur qui roule embrassé d’autres villes,

Le fleuve lent mêlé en remous sur les piles

L’ombre, le sang et l’or qu’il ne peut emporter.

Sur Nos Pas Le Profond Enfer S’est Refermé

Sur nos pas le profond enfer s’est refermé.

Ô compagnon pensif qui m’enseigne la route,

Moins réprouvés que nous, les morts au fond du gouffre

Blasphèment :  » Dieu nous hait, mais nous avons aimé.  »

Sur l’extrême plateau qu’une aube obscure teinte,

Nous desserrons nos mains qui vont se désunir,

Et nos funèbres cœurs roulent des souvenirs

Plaintifs comme le vol des âmes dans les limbes.

Vois s’étoiler le ciel terrestre au carrefour

Où Virgile attristé se sépare de Dante.

Un grand rêve t’arrête au seuil du monde humain ;

Tu restes dans la nuit quand je vais vers le jour :

Pour me guider hors des ténèbres du chemin,

Élève ton esprit sur moi, comme une lampe.

Tu Sommeilles, Je Vois Tes Yeux Sourire Encore

Tu sommeilles ; je vois tes yeux sourire encore.

Ta gorge, ainsi deux beaux ramiers prennent l’essor,

Se soulève et s’abaisse au gré de ton haleine.

Tu t’abandonnes, lasse et nue et tout en fleur,

Et ta chair amoureuse est rose de chaleur.

Ta main droite sur toi se coule au creux de l’aine,

Et l’autre sur mon cœur crispe ses doigts nerveux.

Ce taciturne émoi flatte ma convoitise.

Ta bouche est entrouverte et ton souffle m’attise

Et le mien qui s’anime agite tes cheveux.

Vivant sachet rempli de nard, de myrrhe et d’ambre,

Tu répands tes parfums irritants dans la chambre.

Je te respire avec ivresse en caressant,

Comme un sculpteur modèle une onctueuse argile,

Ton corps flexible et plein de jeune bête agile.

La lumière étincelle à tes cils, et le sang

Peint une branche bleue à ta tempe fragile.

La courbe qui suspend à l’épaule ton sein

Emprunte aux purs coteaux nocturnes leur dessin.

Ta peau ferme a le grain du marbre et de la rose ;

Et moi je dis tout bas, pendant que je repose

Mon regard amoureux sur tes charmes choisis :

 » La gazelle couchée au frais de l’oasis

N’est pas plus douce à voir que la femme endormie,

Et les lys du matin jalousent mon amie. « 

Voici Dans Le Couvent Voisin

Voici dans le couvent voisin qui se recueille

Le rosaire et le bruit d’abeilles des Avé

Voici le vent du soir qui joue avec la feuille

Ô bien-aimée, un jour encore s’est achevé.

Joignons les mains, joignons nos cœurs et, bouche à bouche,

Puisque le tendre amour nous parle, écoutons-le,

Rêvons. Vesper sourit, la colombe se couche,

Et le tilleul embaume et baigne dans l’air bleu.

Quel Est Ce Lied Qui Fait Son Nid Dans Mon Silence

Quel est ce lied qui fait son nid dans mon silence

Et qu’une femme au loin, délicate, apprivoise ?

Ah ! quel lied monotone a crispé mes mains moites

Au long des draps léchés de fla mm e agonisante ?

Nulle ne berce mon chagrin et ne me parle.

Ailleurs, je le sais bien, au fond de claires chambres.

Les mères ont des voix apaisantes qui chantent

Pour endormir les enfants tristes dans leurs larmes.

Ô cris des nouveau-nés vers les larges mamelles !

Quand sentirai-je ainsi rouler en lourdes vagues

Les seins, dorés comme l’automne et les rivages,

De la féconde épouse aux lèvres maternelles ?

Lied calme, écho lointain d’anciennes musiques,

Chapelet que les doigts d’amoureuses égrènent,

Buire d’où s’évapore un philtre léthargique,

Cil du page oublié dans le lit de la reine ;

Recèles-tu le sens secret de ma jeunesse

Qui se fane à vouloir des voluptés phtisiques.

Et qui se pleure et qui déchire par faiblesse

Sa chair païenne avec la haire catholique ?…

L’humble et doux grillon chante aigûment dans la cendre ;

Son cri plaintif contient l’immense été : les routes

Et la plaine où les blés pacifiques déroulent

Leurs flots lourds jusqu’aux monts où les soleils descendent.

Un voile de sommeil m’enveloppe et m’apaise ;

A fleur d’ombre je sens trembler des lueurs d’aube ;

Je devine à travers mes yeux clos une chose

Qui palpite et qui meurt ; et n’est-ce pas ma peine ?

Qui De Vous N’a Connu Les Soirs Où L’on Écoute

Qui de vous n’a connu les soirs où l’on écoute

L’orgueil gronder en soi comme un orgue funèbre,

Les soirs d’ombre et d’effroi, d’impuissance et de doute

Qui remuent au plus bas du cœur la cendre amère ?

Alors on est haineux et dur comme Satan,

On crispe en dieu tombé ses poings contre le ciel.

On voudrait voir finir le monde dans le sang

Et tout l’azur crever en déluge de fiel.

Or vient, très ignorante et très douce, une femme

Dont le corps jeune est frais comme l’eau des fontaines.

Sa bouche rit et chante et murmure :  » Je t’aime,

Je t’aime, fais-moi place aux côtés de ton âme ;

Je suis la bonne alcôve où tu pourras dormir.

Voici mes seins gonflés de chair pour te nourrir ;

Viens dans mes bras profonds, homme, éternel enfant,

Que je te berce, hors de l’espace et du temps.  »

Elle dit et s’enroule, anxieuse et lascive,

— Le chèvrefeuille ainsi frissonne autour du cippe —

Elle s’enroule et tremble autour de notre orgueil.

Cependant sa tendresse a forcé notre accueil

Et dénoué les nœuds qui nous serraient le cœur.

Le sang tumultueux fait bourdonner les tempes,

On sent courir en soi comme une vie ardente ;

Et, les yeux enfouis dans ces genoux de femme,

Défaillant à mourir d’une immense langueur,

Le mauvais orgueilleux frémit et fond en larmes.

Qu’on Ouvre La Fenêtre Au Large

Qu’on ouvre la fenêtre au large, qu’on la laisse

Large ouverte à l’air bleu qui vient avant la nuit !

Je voudrais, ah ! marcher autour de moi sans bruit,

Entendre ce que dit l’automne à ma tristesse ;

Car voici la saison où la sève s’épuise.

C’est un des derniers soirs de septembre ; la brise

Promène sur les champs les cheveux de la Vierge ;

L’ombre des peupliers est longue sur les berges ;

L’herbe humide vacille et tombe au fil des faux ;

Les feuilles des rameaux frissonnent, le ruisseau

Bouillonne au loin d’écluse en écluse ; on entend

L’écho sourd des fléaux qui s’abattent sur l’aire,

Des voix, des pas d’enfants qui font craquer les faines.

Soirs de l’automne, soirs de douceur tendre et claire !

Septembre met l’anneau d’or rouge au doigt de l’an.

Vous qui passez là-bas, connaissez-vous ma peine,

La peine que je porte au fond de l’âme ? Elle est

Pâle comme un soleil déclinant sur la vigne,

Fraîche comme le grès d’une jarre de lait,

Et frémissante aussi comme un duvet de cygne.

Peine qu’on ne saurait nommer, chagrin sans cause

D’orphelin qu’à la nuit nulle chanson ne berce,

Pareille sous les pleurs aux fléchissantes roses

Dont le calice est lourd de pluie après l’averse,

Ma peine qui jadis ressemblait à l’hostie

Eblouissante et nue au coeur de l’ostensoir,

Cette peine est vraiment trop obscure ce soir :

Qu’on ouvre la fenêtre au large, sur la vie !

Soirs De Stérilité Qui Font L’âme Plus Sèche

Soirs de stérilité qui font l’âme plus sèche

Qu’une route où le vent de décembre a soufflé !

Soirs où sous la douleur âcre le cœur gelé

Fait le cri d’une terre aride sous la bêche !

On se sent seul, on se sent las, on se sent vieux,

Avec des mains sans foi pour lever le calice.

On attend vainement qu’une larme jaillisse

Des paupières de plomb qui pèsent sur les yeux.

Il fait si froid vraiment, vraiment si froid dans l’âme,

Si froid. On tourne en rond dans un grand pays noir,

En rond, toujours en rond, et sans même l’espoir

De voir, là-bas, surgir la colonne de flamme.

Il fait noir, il fait froid, car les dieux sont partis,

Emportant l’idéal foyer et la lumière.

L’humanité s’endort en pleurant, et la terre

Reste sourde aux profonds sanglots de ses petits.

Dieu qu’on a descendu des croix, dieux qu’on exile,

Ignorez-vous pourquoi, d’un cœur débile, au soir,

Le poète, mauvais jardinier, va s’asseoir

Et se croise les bras devant le sol stérile ?

C’est que malgré la femme, hélas ! On est trop seul.

Et l’orgueil souffle à l’homme écrasé qui succombe :

 » Prends le lit nuptial pour mesurer ta tombe ;

Découpe, dans tes draps de noces, ton linceul.

Tout est vain ; laisse là le labeur et la lutte.

Rêve ; épuise ta vie en baisers inféconds.

Regarde s’iriser le vin dans les flacons.

Souris ; chante ta peine en mineur sur la flûte.

Le conclave hideux des péchés capitaux

Chuchote sous le dôme altier du temple : écoute

Dans un bris de vitrail craquer la clef de voûte

Et les piliers s’ouvrir du sol aux chapiteaux.

L’hostie a déserté son refuge de verre.

Sois athée, et regarde, en face de la mort,

Les empires crouler sous les sabots du sort

Et le temps aiguiser sa faux sur le calvaire.  »

Ainsi, sans l’espérance éternelle, sans dieux,

L’humanité vieillie et lasse des étreintes,

Avec des aboiements d’épouvante et des plaintes,

Tourne en rond dans un champ aride et ténébreux ;

Champ qui restera noir, à moins qu’une foi fraîche,

Vive rosée, y trace un chemin lumineux,

Ou que l’amour tombant en étoiles des cieux,

Divine manne ardente, embrase l’herbe sèche.

Sois Pure Comme La Rosée

Sois pure comme la rosée,

Comme le ciel que tu reflètes ;

Sois légère aux herbes brisées,

Ame tremblante du poète.
Colore-toi du sang de l’aube,

Scintille en larme aux cils des feuilles ;

Et si des roses te recueillent,

Qu’une vierge cueille ces roses.
Sois lumineuse et résignée,

Rafraîchis le pied qui te foule ;

Souris au soleil hostile, ourle

Les rosaces des araignées :
Comme la froide et radieuse

Rosée enivre les cigales,

Tristesse du poète, abreuve

L’harmonieux concert des âmes !

Souffrir Infiniment, Souffrir

Souffrir infiniment, souffrir, souffrir assez

Pour que le soc tranchant et fort de la douleur

Ouvre à fond ce coteau de vigne desséché

Et qu’au prochain automne on vendange mon cœur !

Souffrir ? Je ne sais plus souffrir, j’ai trop pensé ;

Et j’envie en mon dur sépulcre intérieur,

Ô lamentable Dieu des croix, ton front penché

Où des filets de sang versent de la fraîcheur.

J’implore un coup de lance au flanc, j’ai soif de fiel.

Qu’une femme, implacable entre toutes les femmes,

Me tende sa chair froide et sa bouche où je puisse

Me blesser d’un atroce amour ! L’étoile au ciel

Palpite d’un éclat plus vif après la pluie,

Et notre âme renaît plus claire dans les larmes.

Ma Douce Enfant, Ma Pauvre Enfant

Ma douce enfant, ma pauvre enfant, sois forte et calme.

Pense à Dieu, pense à notre amour éternel. Lève

Les yeux, souris, et vois, d’un battement si faible,

Mes cils mouillés répondre à ton sourire pâle.

Dis-moi : Je t’aime, encore. Je t’aime, et puis ne parle

Plus ; les mots font mal à ceux qui vont mourir. Laisse

Ta gorge se gonfler sur mon cœur, à mes lèvres

Laisse ta main qui tremble en essuyant des larmes.

Tristement, âprement, nos bouches s’enveloppent

Dans un dernier baiser surhumain qui sanglote.

Et maintenant, adieu, tout est fini. Silence.

Une feuille en tombant fait ombre sur la lune.

Des pas. Un souffle d’air. Et le calme nocturne

Est si pur, si profond, que nos âmes s’entendent.

Ne Mêle Pas L’esprit Aux Choses De La Chair

Ne mêle pas l’esprit aux choses de la chair.

Sache, aux moments secrets où le corps est en fête,

Redescendre à l’obscur délire de la bête.

Tumultueux et sourd et fort comme la mer,

Laisse gronder tes sens en orgues de tempête,

Et que sous l’onde en feu de tes baisers halète

L’orgueilleuse impudeur de la beauté parfaite.

Il faut qu’au fond des soirs lourds et silencieux

Où la bouche à la bouche enfin veut être unie,

Tu puisses concentrer tout en toi l’harmonie

Qui fait chanter le char des nuits sur ses essieux,

Que l’éternel effort des êtres t’aide à vivre

Au delà du désir humain, que ton sang ivre

Murmure comme l’eau, les blés et la forêt :

Emplis-toi, comme un broc qu’on plonge au puits, d’un trait ;

Alors la nuit d’amour éteindra ta pensée,

Ta chair que la nature étreint en épousée

Bourdonnera sans fin d’une immense rumeur :

Sois simple et grand ; ton grain porte un monde, semeur ! […]

Ô Mon Ami, Mon Vieil Ami, Mon Seul Ami

Ô mon ami, mon vieil ami, mon seul ami,

D’entre tout ce passé déjà mort à demi

Rappelle-toi nos soirs de détresse commune,

L’été, dans un jardin public baigné de lune.

Après avoir de rue en rue longtemps erré,

Nous nous asseyions là, le cœur désespéré,

Sous le feuillage noir entouré de nuit claire.

Il faut croire, être bon, sourire, admirer, plaire,

Aimer, soupiraient l’ombre et l’eau, toutes les voix

Nocturnes, qui parlaient et chantaient à la fois.

Il faut aimer, venez, nous avons d’enlaçantes

Caresses, murmuraient près de nous des passantes

Et la brise, à travers les fleurs et les rameaux,

Faiblement répétait encore les mêmes mots.

Il faut aimer, disaient tes bouches sur tes bouches

Mais leurs tendres conseils nous rendaient plus farouches,

Et nous restions crispés par un orgueil pervers.

Un air léger glissait sur nos yeux entr’ouverts,

La lune bleuissait les bosquet immobiles,

Et, dans l’obscurité des berceaux, les idylles

Chuchotaient.

Ô railleur, nous aurions dû pleurer,

Nous laisser vivre enfin, tressaillir, respirer

L’arôme sensuel du foin coupé, des roses ;

Avec avidité jouir de toutes choses,

Et répondre à la chair qui nous cherchait ce soir.

Mais les cœurs trop subtils savent mal s’émouvoir.

En regardant passer les formes vaporeuses

Des amants suspendus aux bras des amoureuses,

Nous ricanions, les poings levés contre le ciel ;

Tu tendais à ma soif des paroles de fiel,

Et j’offrais à ta faim des mots pétris de cendre.

Ah ! pourquoi donc toujours en soi-même descendre ?

Pourquoi prétendre aller au fond de ses douleurs

Ou saisir les raisons de la grâce des fleurs ?

Pourquoi dans un creuset jeter l’âme et le monde

Et dans l’être infini laisser tomber la sonde ?

Nous n’aurions donc pas pu sentir plus simplement,

Et, livrés sans pensée au charme du moment,

Obéir au destin qui veut parfois qu’on vive,

Pleins d’ivresse, en suivant la nature naïve ?

Hélas dans la langueur de ces longs soirs d’été

Où tant d’amants depuis l’Éden ont sangloté,

Nos veines ne roulaient qu’un sang libre de fièvres

Un dur orgueil scellait le baiser sur nos lèvres

Et réprimait les pleurs qui nous venaient aux yeux.

Au milieu des massifs d’arbres mystérieux

Une pâle clarté flottait sur les pelouses.

L’air était doux. Amants et pensives épouses,

Tout être s’en allait sur un autre penché.

Seuls, mon cœur solitaire et ton cœur desséché,

Gorgés de désespoir, d’amertume et de haine,

Reniaient cette nuit si saintement humaine.