Ma Tête, Penche-toi Sur L’eau Blanche Et Dénoue

Ma tête, penche-toi sur l’eau blanche et dénoue

Dedans tes longs cheveux et que l’eau passe et joue

Au travers, les emporte au mouvement des vagues

Dans le sommeil flottant et végétal de l’algue.

Que le glissement calme et murmurant de l’eau

Entraîne hors de ton front cet impalpable flot

De pensée et de rêve avec tes longues tresses

Qui mêlent au courant leur fuyante souplesse.

Pourquoi Crains-tu, Fille Farouche

Pourquoi crains-tu, fille farouche

De me voir nue entre les fleurs ?

Mets une rose sur ta bouche

Et ris avec moins de rougeur.

Ne sais-tu pas comme ta robe

Est transparente autour de toi

Et que d’un clair regard je vois

Ta sveltesse qui se dérobe ?

Triste fantôme de pudeur,

Que n’es-tu nue avec la fleur

D’un lis blanc dans ta chevelure,

Un doigt sur ta mamelle pure.