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Recueil : Les Cariatides

Leïla

Il semble qu’aux sultans Dieu même Pour femmes donne ses houris. Mais, pour moi, la vierge qui m’aime, La vierge dont je suis épris, ― Les sultanes troublent le monde Pour accomplir un de leurs vœux. ― La vierge qui m’aime est plus blonde Que les sables sous les flots…

Vénus Couchée

L’été brille ; Phœbus perce de mille traits, En haine de sa sœur, les vierges des forêts, Et dans leurs flancs brûlés de flammes vengeresses Il allume le sang des jeunes chasseresses. Dans les sillons rougis par les feux de l’été, Entouré d’un essaim, le bœuf ensanglanté Marche les pieds…

Trois Femmes À La Tête Blonde

Trois femmes à la tête blonde Pour une mission féconde Ont rayonné sur notre monde : Ève, la Joie et la Beauté ; Maria, la Virginité ; Madeleine, la Charité. Parfumés comme des calices, Dans la clarté, leurs cheveux lisses Versent d’éternelles délices.

Sous Bois

À travers le bois fauve et radieux, Récitant des vers sans qu’on les en prie, Vont, couverts de pourpre et d’orfèvrerie, Les Comédiens, rois et demi-dieux. Hérode brandit son glaive odieux ; Dans les oripeaux de la broderie, Cléopâtre brille en jupe fleurie Comme resplendit un paon couvert d’yeux. Puis,…

Sieste

La sombre forêt, où la roche Est pleine d’éblouissements Et qui tressaille à mon approche, Murmure avec des bruits charmants. Les fauvettes font leur prière ; La terre noire après ses deuils Refleurit, et dans la clairière Je vois passer les doux chevreuils. Voici la caverne des Fées D’où fuyant…

Sachons Adorer ! Sachons Lire

Sachons adorer ! Sachons lire ! La Coupe, le Sein et la Lyre Nous donnent le triple délire. Symbole dont le fier dessin Fut jadis moulé sur le Sein, La Coupe inspire un grand dessein. La Lyre, voix de l’Ionie, Que le vulgaire admire et nie, Contient la céleste harmonie.

Pourquoi, Courtisane

Pourquoi, courtisane, Vendre ton amour, La fleur diaphane, La fleur diaphane Que fleurit le jour Et que la main fane, La rose d’amour ? — Pourquoi, blond poète, Ouvrir au passant Ta douleur muette, Ta douleur muette, Lys éblouissant Que la foule jette Et brise en passant ? — Ton…

Ô Jeune Florentine

Ô jeune Florentine à la prunelle noire, Beauté dont je voudrais éterniser la gloire, Vous sur qui notre maître eût jeté plus de lys Que devant Galatée ou sur Amaryllis, Vous qui d’un blond sourire éclairez toutes choses Et dont les pieds polis sont pleins de reflets roses, Hier vous…

Nostalgie

Oh ! lorsque incessamment tant de caprices noirs S’impriment à la rame, Et que notre Thalie accouche tous les soirs D’un nouveau mélodrame ; Que les analyseurs sur leurs gros feuilletons Jettent leur sel attique, Et, tout en disséquant, chantent sur tous les tons Les devoirs du critique ; Que…

Même En Deuil Pour Cent Trahisons

Même en deuil pour cent trahisons, À vos soleils nous embrasons Nos cœurs meurtris, jeunes saisons ! Ô premières roses trémières ! Ô premières amours ! Premières Aurores, aux riches lumières ! Malgré l’hiver et les autans, Ressuscitent, vainqueurs du temps, Vos étés aux cheveux flottants !

Loys

Mon Loys, j’ai sous vos prunelles, Oublié, dans mon cœur troublé, Mon époux qui s’en est allé Pour combattre les infidèles. Quand nous le croirons loin encor, Il sera là, Dieu nous pardonne ! Mon beau page, quel bruit résonne ? Est-ce lui qui sonne du cor ? J’ai lu…

Les Cariatides

C’est un palais du dieu, tout rempli de sa gloire. Cariatides sœurs, des figures d’ivoire Portent le monument qui monte à l’éther bleu, Fier comme le témoin d’une immortelle histoire. Quoique l’archer Soleil avec ses traits de feu Morde leurs seins polis et vise à leurs prunelles, Elles ne baissent…

Le Stigmate

Une nuit qu’il pleuvait, un poète profane M’entraîna follement chez une courtisane Aux épaules de lys, dont les jeunes rimeurs Couronnaient à l’envi leur corbeille aux primeurs. Donc, je me promettais une femme superbe Souriant au soleil comme les blés en herbe, Avec mille désirs allumés dans ces yeux Qui…