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Recueil : Les chansons des rues et des bois

La Méridienne Du Lion

Le lion dort, seul sous sa voûte. Il dort de ce puissant sommeil De la sieste, auquel s’ajoute, Comme un poids sombre, le soleil. Les déserts, qui de loin écoutent, Respirent ; le maître est rentré. Car les solitudes redoutent Ce promeneur démesuré. Son souffle soulève son ventre ; Son…

Jour De Fête

Aux environs de Paris. Midi chauffe et sèche la mousse ; Les champs sont pleins de tambourins ; On voit dans une lueur douce Des groupes vagues et sereins. Là-bas, à l’horizon, poudroie Le vieux donjon de saint Louis ; Le soleil dans toute sa joie Accable les champs éblouis.…

Jeanne Chante

xx(Pour Jeanne seule.) II. Jeanne chante ; elle se penche Et s’envole ; elle me plaît ; Et, comme de branche en branche, Va de couplet en couplet. De quoi donc me parlait-elle ? Avec sa fleur au corset, Et l’aube dans sa prunelle, Qu’est-ce donc qu’elle disait ? Parlait-elle…

Hilaritas

Chantez ; l’ardent refrain flamboie ; Jurez même, noble ou vilain ! Le chant est un verre de joie Dont le juron est le trop-plein. L’homme est heureux sous la tonnelle Quand il a bien empaqueté Son rhumatisme de flanelleEt sa sagesse de gaieté. Le rire est notre meilleure aile…

Genio Libri

Ô toi qui dans mon âme vibres, Ô mon cher esprit familier, Les espaces sont clairs et libres ; J’y consens, défais ton collier, Mêle les dieux, confonds les styles, Accouple au poean les agnus ; Fais dans les grands cloîtres hostiles Danser les nymphes aux seins nus. Sois de…

Gare !

On a peur, tant elle est belle ! Fût-on don Juan ou Caton. On la redoute rebelle ; Tendre, que deviendrait-on ? Elle est joyeuse et céleste ! Elle vient de ce Brésil Si doré qu’il fait du reste De l’univers un exil. À quatorze ans épousée, Et veuve au…

Fuite En Sologne

Au poète Mérante. I. Ami, viens me rejoindre. Les bois sont innocents. Il est bon de voir poindre L’aube des paysans. Paris, morne et farouche, Pousse des hurlements Et se tord sous la douche Des noirs événements. Il revient, loi sinistre, Étrange état normal ! À l’ennui par le cuistre…

Écrit En 1827

I. Je suis triste quand je vois l’homme. Le vrai décroît dans les esprits. L’ombre qui jadis noya Rome Commence à submerger Paris. Les rois sournois, de peur des crises, Donnent aux peuples un calmant. Ils font des boîtes à surprises Qu’ils appellent charte et serment. Hélas ! nos anges…