Skip to content

Recueil : Les Pipeaux

Une Rose

Cette rose vivait au-dessus du jardin, N’ayant, sur son front pur, qu’une âme pour aigrette, Et ne comprenant rien à la foule secrète Qui se cachait le soir et courait le matin. Aspirant à l’étoile et fuyant le ravin Il lui fallait le ciel pour appuyer sa tête Cette rose…

Paysage

Un cimetière et des troupeaux, C’est ce qu’on voit sur l’autre rive. Les arbres, de verdure vive, Semblent faits avec des copeaux. Côte à côte vont les tombeaux Un mouton veut qu’un mouton suive Un cimetière et des troupeaux, C’est ce que l’on voit sur l’autre rive. Ah ! cher…

Les Canards

Ils vont, les petits canards, Tout au bord de la rivière, Comme de bons campagnards. Barboteurs et frétillards, Heureux de troubler l’eau claire, Ils vont, les petits canards. Ils semblent un peu jobards, Mais ils sont à leur affaire Comme de bons campagnards Dans l’eau pleine de têtards, Où tremble…

Les Coucous

Une nuit, lorsque les hiboux Dorment dans un arbre paisible, Le printemps, d’un doigt invisible, Dans l’herbe plante les coucous. Aux pieds des chênes et des houx, Toute l’herbe claire il en crible. Mais c’est un jeu d’enfant terrible, Les pauvres fleurs sont ses joujoux. Il les place, les fleurs…

Les Mimosas

L’autre matin, sous la feuillée, De soleil rose ensoleillée, Je rêvais à toi, tu passas ! Et je vis à ta boutonnière, Penchant ses graines de lumière, Une branche de mimosas.  » Oh ! donne-la moi, je t’en prie, Cette petite fleur flétrie  » Murmurai-je. Et tu refusas ! D’un…

Les Peupliers

Les grands peupliers longent le ruisseau ; Et vont, d’un air grave, Reverdis à neuf par le renouveau Qui fait l’air suave. Un par un, faisant un tremblant rideau Au torrent qui bavent, Les grands peupliers longent le ruisseau, Et vont, d’un air grave. Fiers de tout ce qui se…

L’hirondelle

Je marchais je cherchais quelque doux raccourci Pour, au clocher voisin, arriver la première. Le vieux berger, au front plus jaune qu’un souci, M’a dit, quand je suivais une rose trémière :  » Ne prenez pas par là et prenez par ici Ici, c’est le chemin là-bas, c’est la rivière…

Madame La Pie

Madame la Pie, on vous salue. Ne nous faites pas les mauvais yeux ; Vous qui voyagez, si bien vêtue De noir et de blanc, sur les ciels bleus. Dès que vous marchez sur la laitue, Tout le paysage est anxieux ; Madame la Pie, on vous salue. Ne nous…

Le Crapaud

Perdrix dont le cœur se tracasse En longeant le pré de colza, Aronde dont le chant se casse Sitôt que le vol se posa, Lézard dont le rayon traverse, Vert, le mur des abricotiers, Colimaçon des jours d’averse, Rose, au bord de tous les sentiers ; Nous connaissons votre manière…

Le Sommeil

Tout s’endort à son tour : le nuage et la branche, La fleur, à l’instant même où respire le fruit, La semaine, aussitôt que sonne le dimanche, L’été, pendant l’hiver, le jour, pendant la nuit. Le soleil, sur un lac, et l’oiseau, sur un arbre, Le grand tigre doré, sur…

Le Saule Pleureur

Saule ! Frisson du paysage ! Obéissance au vent du soir ! Rêve penché sur un miroir ! Cheveux qui se croient du feuillage Faiblesse qu’un ciel encourage, Et dont un ciel reprend l’espoir ! Cœur plein d’oiseaux sans le savoir ! Destin qui dépend d’un orage Ne serais-tu, Saule…

Le Roitelet

Dans un grand arbre, un roitelet Chante sa chanson la plus pure L’arbre semble un cœur qui parlait. Et le chant semble une verdure. Est-ce, dans l’eau d’un ruisselet, Le sceptre ou la branche qui dure ? Dans un grand arbre, un roitelet Chante sa chanson la plus pure. C’est…

Le Potager

Les oiseaux commençaient leur musique légère ; Les arbres échangeaient les premiers hannetons ; Et l’on voyait au loin passer une bergère Qui gardait un troupeau de brume et de moutons. Le gazon se baignait dans un bain de rosée ; Le soleil se levait sur le jour d’aujourd’hui ;…

Le Pinson

À qui parle-t-il, le pinson, Lorsqu’il dit :  » Vite vite vite  » À la journée ? à la saison ? Au cœur d’or de la marguerite ? Veut-il dire qu’on a raison De prendre l’instant qui palpite ? À qui parle-t-il, le pinson, Lorsqu’il dit :  » Vite vite…

Le Jardin

Olympio pleurait parmi le paysage, Parce que les rameaux lui rappelaient soudain D’immenses papillons dans de petites mains Et d’éclatants cheveux dans le sombre feuillage. Tout son cœur se brisait, bien plus triste que sage, Parmi le paysage où ne vivait plus rien ; Car l’ombre n’avait pas retenu le…