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Recueil : Les Poèmes de la mer

Nuit De Mai

Au couchant lumineux quand le jour se replie, Qu’une planète au ciel déjà peut s’entrevoir, Il fait bon, couple errant sur une onde assouplie, De respirer à deux l’air embaumé du soir, De saluer là-haut ces premières étoiles Dont le rayon lointain nous invite à rêver : Matelot ! Matelot…

Prélude

Nous sommes les vagues profondes Où les yeux plongent vainement ; Nous sommes les flots et les ondes Qui déroulent autour des mondes Leur manteau d’azur écumant ! Une âme immense en nous respire, Elle soulève notre sein. Sous l’aquilon, sous le zéphyr, Nous sommes la plus vaste lyre Qui…

Promenade

Vous qu’à mon côté ma barque balance, Regardez là-haut ce firmament bleu, Magnifique espace où l’âme s’élance Et monte en chantant jusqu’aux pieds de Dieu ! Vous qu’à mon côté berce ma nacelle, Regardez au loin l’Océan d’azur, Bassin dont l’eau vive au jour étincelle, Grand comme le ciel et…

Pulchra Nimis

Dans la rade où se joue une brise odorante, Aujourd’hui je voguais, au retour de Sorrente. Je rapportais à Naples un radieux butin, Un beau thyrse de fleurs écloses du matin, Merveilles de ces bords, telles qu’à sa Madone, Le premier jour de mai, Sorrente seule en donne. La pervenche…

Rencontre

Il est aux bords déserts du canal Mozambique Une lisière étroite aux pentes du rocher, Un rivage sans nom, d’aspect morne et tragique, Dont les vaisseaux en mer n’osent pas approcher. Comme un rideau tendu la montagne l’ombrage ; Jusqu’au niveau de l’onde, abrupte elle descend. Qui s’égare par-là trouve…

San Salvadour

Les rivages à pic descendent à la mer. Leurs sommets, rafraîchis par un zéphyr amer, Portent tout un fouillis de grands bois ou d’arbustes ; Lentisques, châtaigniers, pins verts, chênes augustes ! La nature a sculpté, le long du vieux granit, Une corniche étroite où jase plus d’un nid. Le…

Selkirk

A Bristol, sur le quai, le nom de Lion rouge Désigne un lieu connu de tous les gens de mer : Taverne du nommé Walkins, honnête bouge, Où l’aie est sans pareille et ne coûte pas cher. Cent marins attablés trinquent dans un nuage ; On a peine à s’entendre,…

Tempête

Tout regard se perd, tant la brume est noire ; Il ne fut jamais plus aveugle nuit : Au sein du néant je pourrais me croire, Si je n’entendais un immense bruit. Cette voix, ô mer ! C’est ta voix qui tonne Sur l’écueil voisin chargé de galets, Tandis que…

Le Lit De Sable

Ô flots ! De votre voix profonde, intarissable, Bercez un vieil ami revenu de si loin. Dans ce lit que mes mains ont creusé dans le sable, Donnez-moi, donnez-moi la paix dont j’ai besoin ! Me reconnaissez-vous ? Le voyageur morose Qui vient pencher sur vous un front pâle et…

Le Gombo

Hôtesse au doux accueil, reine d’une cabane ! Merci d’avoir voulu me montrer ce beau lieu, Désert où vous vivez, loin d’un monde profane, Avec la paix du cœur et les conseils de Dieu. Comme vous, je connais l’étrange inquiétude Qui loin de nos cités vous emporte souvent, Qui vous…

Le Mousse

Depuis de longs jours, l’ouragan qui gronde Va nous emportant sur l’Océan noir, Bien loin de la rive où je vins au monde, Pour des maux que nul n’eût osé prévoir. Le mât du vaisseau, que bat la tourmente, Jette en s’inclinant un douloureux cri. D’où vient qu’à son tour…