Une Rose Seule, C’est Toutes Les Roses

Une rose seule, c’est toutes les roses

et celle-ci : l’irremplaçable,

le parfait, le souple vocable

encadré par le texte des choses.
Comment jamais dire sans elle

ce que furent nos espérances,

et les tendres intermittences

dans la partance continuelle.

Préfères-tu, Rose, Être L’ardente Compagne

Préfères-tu, rose, être l’ardente compagne

de nos transports présents ?

Est-ce le souvenir qui davantage te gagne

lorsqu’un bonheur se reprend ?
Tant de fois je t’ai vue, heureuse et sèche,

– chaque pétale un linceul –

dans un coffret odorant, à côté d’une mèche,

ou dans un livre aimé qu’on relira seul.

Rose, Eût-il Fallu Te Laisser Dehors

Rose, eût-il fallu te laisser dehors,

chère exquise ?

Que fait une rose là où le sort

sur nous s’épuise ?
Point de retour. Te voici

qui partages

avec nous, éperdue, cette vie, cette vie

qui n’est pas de ton âge.

Dis-moi, Rose, D’où Vient

Dis-moi, rose, d’où vient

qu’en toi-même enclose,

ta lente essence impose

à cet espace en prose

tous ces transports aériens ?
Combien de fois cet air

prétend que les choses le trouent,

ou, avec une moue,

il se montre amer.

Tandis qu’autour de ta chair,

rose, il fait la roue.

J’ai Une Telle Conscience De Ton

J’ai une telle conscience de ton

être, rose complète,

que mon consentement te confond

avec mon coeur en fête.
Je te respire comme si tu étais,

rose, toute la vie,

et je me sens l’ami parfait

d’une telle amie.