Mi-route

Il y a un moment précis dans le temps

Où l’homme atteint le milieu exact de sa vie,

Un fragment de seconde,

Une fugitive parcelle de temps plus rapide qu’un regard,

Plus rapide que le sommet des pâmoisons amoureuses,

Plus rapide que la lumière.

Et l’homme est sensible à ce moment.
De longues avenues entre des frondaisons

S’allongent vers la tour où sommeille une dame

Dont la beauté résiste aux baisers, aux saisons,

Comme une étoile au vent, comme un rocher aux lames.
Un bateau frémissant s’enfonce et gueule.

Au sommet d’un arbre claque un drapeau.

Une femme bien peignée, mais dont les bas tombent sur les souliers

Apparaît au coin d’une rue,

Exaltée, frémissante,

Protégeant de sa main une lampe surannée qui fume.
Et encore un débardeur ivre chante au coin d’un pont,

Et encore une amante mord les lèvres de son amant,

Et encore un pétale de rose tombe sur un lit vide,

Et encore trois pendules sonnent la même heure

À quelques minutes d’intervalle,

Et encore un homme qui passe dans une rue se retourne

Parce-que l’on a crié son prénom,

Mais ce n’est pas lui que cette femme appelle,

Et encore un ministre en grande tenue,

Désagréablement gêné par le pan de sa chemise coincé entre son pantalon et son caleçon,

Inaugure un orphelinat,

Et encore d’un camion lancé à toute vitesse

Dans les rues vides de la nuit

Tombe une tomate merveilleuse qui roule dans le ruisseau

Et qui sera balayée plus tard,

Et encore un incendie s’allume au sixième étage d’une maison

Qui flambe au cœur de la ville silencieuse et indifférente,

Et encore un homme entend une chanson

Oubliée depuis longtemps, et l’oubliera de nouveau,

Et encore maintes choses,

Maintes autres choses que l’homme voit à l’instant précis du milieu de sa vie,

Maintes autres choses se déroulent longuement dans le plus court des courts instants de la terre.

Il pressent le mystère de cette seconde, de ce fragment de seconde,
Mais il dit  » Chassons ces idées noires « ,

Et il chasse ces idées noires.

Et que pourrait-il dire,

Et que pourrait-il faire

De mieux ?

Les Quatre Sans Cou

Ils étaient quatre qui n’avaient plus de tête,

Quatre à qui l’on avait coupé le cou,

On les appelait les quatre sans cou.
Quand ils buvaient un verre,

Au café de la place ou du boulevard,

Les garçons n’oubliaient pas d’apporter des entonnoirs.
Quand ils mangeaient, c’était sanglant,

Et tous quatre chantant et sanglotant,

Quand ils aimaient, c’était du sang.
Quand ils couraient, c’était du vent,

Quand ils pleuraient, c’était vivant,

Quand ils dormaient, c’était sans regret.
Quand ils travaillaient, c’était méchant,

Quand ils rodaient, c’était effrayant,

Quand ils jouaient, c’était différent,
Quand ils jouaient, c’était comme tout le monde,

Comme vous et moi, vous et nous et tous les autres,

Quand ils jouaient, c’était étonnant.
Mais quand ils parlaient, c’était d’amour.

Ils auraient pour un baiser

Donné ce qui leur restait de sang.
Leurs mains avaient des lignes sans nombre

Qui se perdraient parmi les ombres

Comme des rails dans la forêt.
Quand ils s’asseyaient, c’était plus majestueux que des rois

Et les idoles se cachaient derrière leur croix

Quand devant elles ils passaient droits.
On leur avait rapporté leur tête

Plus de vingt fois, plus de cent fois,

Les ayant retrouves à la chasse ou dans les fêtes,
Mais jamais ils ne voulurent reprendre

Ces têtes où brillaient leurs yeux,

Où les souvenirs dormaient dans leur cervelle.
Cela ne faisait peut-être pas l’affaire

Des chapeliers et des dentistes.

La gaîté des uns rend les autres tristes.
Les quatre sans cou vivent encore, c’est certain,

J’en connais au moins un

Et peut-être aussi les trois autres,
Le premier, c’est Anatole,

Le second, c’est Croquignole,

Le troisième, c’est Barbemolle,

Le quatrième, c’est encore Anatole.
Je les vois de moins en moins,

Car c’est déprimant, à la fin,

La fréquentation des gens trop malins.

Le Bœuf Et La Rose

De connivence avec le salpêtre et les montagnes, le bœuf noir à l’œil clos par une rose entreprend la conquête de la vallée, de la forêt et de la lande.

Là où les fleurs de pissenlit s’étoilent gauchement dans le firmament vert d’une herbe rare,

Là où resplendissent les bouses grasses et éclatantes, les soleils de mauvaise grâce et les genêts précieux,

Là où les blés sont mûrs, là où l’argile taillée en branches et fendillée offre des ravines aux ébats des scarabées,

Là où le scorpion jaune aime et meurt de son amour et s’allonge tout raide,

Là où le sable en poudre d’or aveugle le chemineau.

D’un pas lourd, balançant sa tête géante sur une encolure fourrée, et de sa queue battant à intervalles égaux sa croupe charnue,

Le bœuf noir comme l’encre surgit, passe et disparaît.

Il écrase et paraphe de sa tache le paysage éclatant

Et ses cornes attendent qu’il choisisse la bonne orientation

Pour porter un soleil à sa mort dans leur orbite ouverte sur le vide,

Mettant plus d’un reflet sur ses poils luisants et projetant, tache issue d’une tache,

Son ombre fabuleuse sur la terre avide d’une pluie prochaine

Et du vol incertain des papillons,

Ou peut-être une rose éclatante issue de la seule atmosphère et grandissant entre les branches de leur croissant comme un fantôme de fleur.

La Furtive

La furtive s’assoit dans les hautes herbes pour se reposer d’une course épuisante à travers une campagne déserte.

Poursuivie, traquée, espionnée, dénoncée, vendue.

Hors de toute loi, hors de toute atteinte.

À la même heure s’abattent les cartes

Et un homme dit à un autre homme :

 » À demain.  »

Demain, il sera mort ou parti loin de là.

À l’heure où tremblent les rideaux blancs sur la nuit profonde,

Où le lit bouleversé des montagnes béant vers son hôtesse disparue

Attend quelque géante d’au-delà de l’horizon,

S’assoit la furtive, s’endort la furtive.

Ne faites pas de bruit, laissez reposer la furtive

Dans un coin de cette page.
Craignez qu’elle ne s’éveille,

Plus affolée qu’un oiseau se heurtant aux meubles et aux murs.

Craignez qu’elle ne meure chez vous,

Craignez qu’elle s’en aille, toutes vitres brisées,

Craignez qu’elle ne se cache dans un angle obscur,

Craignez de réveiller la furtive endormie.

Coucou

Tout était comme dans une image enfantine.

La lune avait un chapeau claque dont les huit reflets se répercutaient à la surface des étangs,

Un revenant dans un linceul de la meilleure coupe

Fumait un cigare à la fenêtre de son logis,

Au dernier étage d’un donjon

Où la très savante corneille disait la bonne aventure aux chats.

Il y avait l’enfant en chemise perdue dans des sentiers de neige

Pour avoir cherché dans ses souliers l’éventail de soie et les chaussures à hauts talons.

Il y avait l’incendie sur lequel, immenses,

Se détachaient les ombres des pompiers,

Mais, surtout, il y avait le voleur courant, un grand sac sur le dos,

Sur la route blanchie par la lune,

Escorté par les abois des chiens dans les villages endormis

Et le caquet des poules éveillées en sursaut.

Je ne suis pas riche, dit le fantôme en secouant la cendre de son cigare, je ne suis pas riche

Mais je parie cent francs

Qu’il ira loin s’il continue.

Vanité tout n’est que vanité, répondit la corneille.

Et ta sœur ? demandèrent les chats.

Ma sœur a de beaux bijoux et de belles araignées

Dans son château de nuit. Une foule innombrable de serviteurs

Viennent chaque soir la porter dans son lit.

Au réveil, elle a du nanan, du chiendent, et une petite trompette

Pour souffler dedans

La lune posa son chapeau haut de forme sur la terre.

Et cela fit une nuit épaisse

Où le revenant fondit comme un morceau de sucre dans du café.

Le voleur chercha longtemps son chemin perdu

Et finit par s’endormir

Et il ne resta plus au-delà de la terre

Qu’un ciel bleu fumée où la lune s’épongeait le front

Et l’enfant perdue qui marchait dans les étoiles.

Voici ton bel éventail

Et tes souliers de bal,

Le corset de ta grand-mère

Et du rouge pour tes lèvres

Tu peux danser parmi les étoiles

Tu peux danser devant les belles dames

À travers les massifs de roses célestes

Dont l’une tombe chaque nuit

Pour récompenser le dormeur qui a fait le plus beau rêve.

Chausse tes souliers et lace ton corset

Mets une de ces roses à ton corsage

Et du rose à tes lèvres

Et maintenant balance ton éventail

Pour qu’il y ait encore sur la terre

Des nuits après les jours

Des jours après les nuits.

Fête-diable

La dernière goutte de vin s’allume au fond du verre

Où vient d’apparaître un château.

Les arbres noueux du bord de la route s’inclinent vers le voyageur.

Il vient du village proche,

Il vient de la ville lointaine,

Il ne fait que passer au pied des clochers.

Il aperçoit à la fenêtre une étoile rouge qui bouge,

Qui descend, qui se promène en vacillant

Sur la route blanche, dans la campagne noire.

Elle se dirige vers le voyageur qui la regarde venir.

Un instant elle brille dans chacun de ses yeux,

Elle se fixe sur son front.

Étonné de cette lueur glaciale qui l’illumine,

Il essuie son front.

Une goutte de vin perle à son doigt.

Maintenant l’homme s’éloigne et s’amoindrit

Dans la nuit.

Il est passé près de cette source où vous venez au matin cueillir le cresson frais,

Il est passé près de la maison abandonnée.

C’est l’homme à la goutte de vin sur le front.

Il danse à l’heure actuelle dans une salle immense,

Une salle brillamment éclairée,

Resplendissante de son parquet ciré

Profond comme un miroir.

Il est seul avec sa danseuse

Dans cette salle immense, et il danse

Au son d’un orchestre de verre pilé.

Et les créatures de la nuit

Contemplent ce couple solitaire et qui danse

Et la plus belle d’entre les créatures de la nuit

Essuie machinalement une goutte de vin à son front,

La remet dans un verre,

Et le dormeur s’éveille,

Voit la goutte briller de cent mille rubis dans le verre

Qui était vide lorsqu’il s’endormit.

La contemple.

L’univers oscille durant une seconde de silence

Et le sommeil reprend ses droits,

Et l’univers reprend son cours

Par les milliers de routes blanches tracées par le monde

À travers les campagnes ténébreuses.

Apparition

Né de la boue, jailli au ciel, plus flottant qu’un nuage, plus dur que le marbre,

Né de la joie, jailli du sommeil, plus flottant qu’une épave, plus dur qu’un cœur,

Né de son cœur, jailli du ciel, plus flottant que le sommeil, plus dur que le ciel,

Né, jailli, flottant plus dur et plus ciel, et plus cœur et plus marbre,

Et plus de sommeil et plus de nuage et plus d’épave, et tant et plus,

Mais du sommeil flottant au cœur des marbres dispersés comme des épaves,

Au long du ciel d’un pauvre paysage jaillissant et flottant comme un cœur

Et saignant, oh saignant, saignant tellement

Que tant de marbres, abandonnés, alignés, dressés comme jaillis,

Finiront bien par flotter comme des épaves.

Mais il ne s’agit plus de flotter, ni de jaillir, ni de durcir,

Mais, de toute boue,

Faire un ciment, un marbre, un ciel, un nuage et une joie et une épave

Et un cœur, cela va de soi, et tout ce qui est dit plus haut

Et un sommeil, un beau sommeil, un bon sommeil,

Un bon sommeil de boue

Né du café et de la nuit et du charbon et de l’encre et du crêpe des veuves

Et de cent millions de nègres

Et de l’étreinte de deux nègres dans une ombre de sapins

Et de l’ébène et des multitudes de corbeaux sur les carnages

Tel qu’enfin s’épanouisse, recouvrant l’univers,

Un bouquet, un immense bouquet de roses rouges.

Aux Sans Cou

Maisons sans fenêtres, sans portes, aux toits défoncés,

Portes sans serrures,

Guillotine sans couperet

C’est à vous que je parle qui n’avez plus d’oreilles,

Plus de bouche, de nez, d’yeux, de cheveux, de cervelle,

Plus de cou.

Vous surgissez d’un pas ferme au détour de la rue qui mène à la taverne.

Vous vous attablez, vous buvez, vous buvez sec, vous buvez bien,

Et bientôt le vin circule dans vos cœurs, y amène une nouvelle vie :

 » Qu’as-tu fait de ta perruque  » dit un sans cou à un autre sans cou,

Qui se détourne sans mot dire

Et qu’on expulse, et qu’on sort et qu’on traîne et qu’on foule aux pieds.

 » Et toi, qu’as-tu ?  »

 » Je suis celui contre lequel se dressent toutes les lois.

Celui que les partis extrêmes appellent encore un criminel.

Je suis de droit commun,

Je suis de droit commun, banal comme le four où l’on cuisait le pain de nos pères.

Je suis le rebelle de toute civilisation,

L’abject assassin, le vil suborneur de fillettes, le satyre,

Le méprisable voleur,

Je suis le traître et je suis le lâche,

Mais il faut peut-être plus de courage

Pour éteindre en soi la moralité des fables idiotes

Que pour tenir tête à l’opinion.

(Ce qui n’est déjà pas si mal comme courage.)

Je suis l’insoumis à toutes règles,

L’ennemi de tous les législateurs,

Anarchiste ? pas même.

Je suis celui sur lequel pèse l’essieu de n’importe quel code,

L’homme aux sens surhumains.

J’annonce le Moïse de demain

Et demain ce Moïse exterminera ceux qui me ressemblent,

Le dupe éternelle,

Le sans cou,

Et versez-moi du vin, et choquons notre verre.  »
Maintenant qu’il a fini de parler,

Je reprends la parole :

 » Vous avez le bonjour,

Le bonjour de Robert Desnos, de Robert le Diable, de Robert Macaire, de Robert Houdin, de Robert Robert, de Robert mon oncle,

Et chantez avec moi, tous en chœur, allons, la petite dame à droite,

Le monsieur barbu à gauche,

Un, deux, trois :

Vous avez le bonjour,

Le bonjour de Robet Desnos, de Robert le Diable, de Robert Macaire, de Robert Houdin, de Robert Robert, de Robert mon oncle  »

J’en passe et des meilleurs.

Mes sans cou, mes chers sans cou,

Hommes nés trop tôt, éternellement trop tôt,

Hommes qui auriez trempé dans les révolutions de demain

Si le destin ne vous imposait de faire les révolutions pour en mourir,

Hommes assoiffés de trop de justice,

Hommes de la fosse commune au pied du mur des fédérés,

Malgré les balles pointillées autour du cou.

Hommes des enclos ménagés en plein cimetière,

Car on ne mélange pas les étendards avec les torchons.

On cloue ceux-ci aux hampes,

Et c’est eux qui, humiliés,

Claquent si lamentablement dans le vent de l’aube

À l’heure où le couperet en tombant

Fait résonner les échos des Santés éternelles.

Camarades

Papier, plie-toi, sois la rose et l’arc-en-ciel,

Sois la soie, sois là ce soir,

Sois lasse.

Une faux oubliée au flanc d’un cadavre ouvre lentement les yeux.

Se dandine un instant, secoue ses falbalas d’un autre âge et se mire au miroir de son corps,

S’indigne, s’encolère, se monte le bourrichon, se déchaîne.

Le mort lui donne une pomme de terre, une petite pomme de terre,

Fauche la pomme de terre,

Fauche la rose et l’arc-en-ciel et la soie et le soir,

Puis reprend sa place au flanc du cadavre.

Déroulant un écheveau sali par les temps et la poussière et l’eau qui suinte des vieilles murailles,

Le ciel se dissimule derrière les forêts où maintes femmes se devinent et se révèlent et se questionnent,

Dans l’ombre grasse des troncs d’arbres.

Personne ne sortira de la petite maison bariolée au haut de la colline,

En dépit d’une foule surgissant au détour de la route, drapeaux rouges claquant au vent,

En dépit même de l’appel : Camarade, Camarade, camarade, CAMARADES !

Voici ce qu’était le paysage avant le fameux événement :

Quelques mouches volaient en bourdonnant au-dessus d’une plaie d’où l’acier coulait mieux que le sang.

Le son d’un marteau part de loin,

Il part, il vole avec son petit chapeau de paille.

Quant à la faux, les senteurs du vent lui mirent une chemise bleue et encore une chemise jaune.

Les senteurs de la rivière lui mirent une tunique de corail et une tunique d’acier.

Les senteurs des feuilles lui mirent une tunique de salpêtre et de phosphore,

Et les senteurs de la dernière heure, une crinoline de satin avec des fleurs.

Elle attendit en jouant avec son ombrelle

Que le son du marteau arrivât de loin.

Arriva en inclinant son chapeau vers elle,

Un bouquet à la main, le sourire en coin.

Ils mangèrent du poulet, burent du pommard,

Ils mangèrent des grives, burent du champagne,

Ils mangèrent des huîtres et du homard,

Et jouèrent aux dames à qui perd gagne.
Ils se battirent comme des chiffonniers

Jusqu’au moment où, satisfait de leurs blessures,

Le ciel rassuré sortit hors des halliers.

Est-ce votre sort d’être dupe des ombres ?

Vaut-il pas mieux être dupé par la chair ?

Perdre son sang par des blessures sans nombre

Et n’offrir à la mort qu’un triste festin et qu’une maigre chère ?

Comme

Come, dit l’Anglais à l’Anglais, et l’Anglais vient.

Côme, dit le chef de gare, et le voyageur qui vient dans cette ville descend du train sa valise à la main.

Come, dit l’autre, et il mange.

Comme, je dis comme et tout se métamorphose, le marbre en eau, le ciel en orange, le vin en plaine, le fil en six, le cœur en peine, la peur en seine.

Mais si l’Anglais dit as, c’est à son tour de voir le monde changer de forme à sa convenance

Et moi je ne vois plus qu’un signe unique sur une carte

L’as de cœur si c’est en février,

L’as de carreau et l’as de trèfle, misère en Flandre,

L’as de pique aux mains des aventuriers.

Et si cela me plaît à moi de vous dire machin,

Pot à eau, mousseline et potiron.

Que l’Anglais dise machin,

Que machin dise le chef de gare,

Machin. dise l’autre,

Et moi aussi.

Machin.

Et même machin chose.

Il est vrai que vous vous en foutez

Que vous ne comprenez pas la raison de ce poème.

Moi non plus d’ailleurs.

Poème, je vous demande un peu ?

Poème ? je vous demande un peu de confiture,

Encore un peu de gigot,

Encore un petit verre de vin

Pour nous mettre en train

Poème, je ne vous demande pas l’heure qu’il est.

Poème, je ne vous demande pas si votre beau-père est poilu comme un sapeur.

Poème, je vous demande un peu ?
Poème, je ne vous demande pas l’aumône,

Je vous la fais.

Poème, je ne vous demande pas l’heure qu’il est,

Je vous la donne.

Poème, je ne vous demande pas si vous allez bien,

Cela se devine.

Poème, poème, je vous demande un peu

Je vous demande un peu d’or pour être heureux avec celle que j’aime.