Poème Hippique

Vérité toute nue

Espérance en sabots

À brides abattues

Courez, courez chevaux.
Courez chevaux, courez à vive allure

Apportez-moi ce que je veux gagner

Et que ce soit pris à votre encolure,

Des lingots d’or dans un panier doré.
Vérité toute nue

Espérance en sabots

À brides abattues

Courez, courez chevaux.
Courez chevaux dont l’espoir suit la trace,

Courez, mes vœux sont à vos étriers,

Rapportez-moi le miroir des trois Grâces

Et des turbans de saphirs étoilés.
Vérité toute nue

Espérance en sabots

À brides abattues

Courez, courez chevaux.
Courez, chevaux en qui paraît la chance,

Le diamant et l’oiseau Bengali.

Rapportez-moi les trésors de Byzance

Et des rochers de lapis-lazuli.
1967

Poème Jardinier

Dans les jardins, le vent sauvage

Berce des fleurs aux noms latins.

Dans les jardins, sous les ombrages,

La nuit est verte le matin.
L’abeille dans la fleur sauvage

Prend le sucre de son festin.

Le ruisseau roule des images

Dont les yeux ne sont pas éteints.
La branche et le fruit sont sauvages.

L’oiseau volette et le nuage

Avec le soir change de teint.
Et les parfums sont des sauvages,

Savants à parler le langage

Des lieux où naquit leur destin.
1967

Poème Nuptial

Le vent réunit deux nuages

Qui voudraient se mettre en ménage

Mais aussitôt qu’ils sont unis

La tempête les désunit.
1967

L’araignée Du Matin

Une fileuse d’artifices

Fait sa toilette à mon carreau

Pour elle pas de dentifrice :

Elle est modeste comme un veau.

Et file file, et tisse tisse,

Ses châles sont pentagonaux,

Son corps, boulette de réglisse,

Est le point noir du jour nouveau.
1967