Skip to content

Recueil : Nouvelles méditations poétiques

Tristesse

Ramenez-moi, disais-je, au fortuné rivage Où Naples réfléchit dans une mer d’azur Ses palais, ses coteaux, ses astres sans nuage, Où l’oranger fleurit sous un ciel toujours pur. Que tardez-vous? Partons! Je veux revoir encore Le Vésuve enflammé sortant du sein des eaux; Je veux de ses hauteurs voir se…

Stances

Et j’ai dit dans mon coeur : Que faire de la vie? Irai-je encor, suivant ceux qui m’ont devancé, Comme l’agneau qui passe où sa mère a passé, Imiter des mortels l’immortelle folie? L’un cherche sur les mers les trésors de Memnom, Et la vague engloutit ses voeux et son…

Sapho

L’aurore se levait, la mer battait la plage ; Ainsi parla Sapho debout sur le rivage, Et près d’elle, à genoux, les filles de Lesbos Se penchaient sur l’abîme et contemplaient les flots : Fatal rocher, profond abîme ! Je vous aborde sans effroi ! Vous allez à Vénus dérober…

L’esprit De Dieu

Le feu divin qui nous consume Ressemble à ces feux indiscrets Qu’un pasteur imprudent allume Aux bord de profondes forêts; Tant qu’aucun souffle ne l’éveille, L’humble foyer couve et sommeille ; ais s’il respire l’aquilon, Tout à coup la flamme engourdie S’enfle, déborde; et l’incendie Embrase un immense horizon !…

Les Préludes

[…] L’onde qui baise ce rivage, De quoi se plaint-elle à ses bords ? Pourquoi le roseau sur la plage, Pourquoi le ruisseau sous l’ombrage Rendent-ils de tristes accords ? De quoi gémit la tourterelle Quand, dans le silence des bois, Seule auprès du ramier fidèle, L’Amour fait palpiter son…

Les Étoiles

A Mme de P***. Il est pour la pensée une heure une heure sainte, Alors que, s’enfuyant de la céleste enceinte, De l’absence du jour pour consoler les cieux, Le crépuscule aux monts prolonge ses adieux. On voit à l’horizon sa lueur incertaine, Comme les bords flottants d’une robe qui…

Le Poète Mourant

La coupe de mes jours s’est brisée encor pleine ; Ma vie hors de mon sein s’enfuit à chaque haleine ; Ni baisers ni soupirs ne peuvent l’arrêter ; Et l’aile de la mort, sur l’airain qui me pleure, En sons entrecoupés frappe ma dernière heure ; Faut-il gémir ?…

Le Passé

A M. A. de V***. Arrêtons-nous sur la colline A l’heure où, partageant les jours, L’astre du matin qui décline Semble précipiter son cours! En avançant dans sa carrière, Plus faible il rejette en arrière L’ombre terrestre qui le suit, Et de l’horizon qu’il colore Une moitié le voit encore,…

Le Papillon

Naître avec le printemps, mourir avec les roses, Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur, Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses, S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur, Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes, S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles, Voilà du…

Le Crucifix

Toi que j’ai recueilli sur sa bouche expirante Avec son dernier souffle et son dernier adieu, Symbole deux fois saint, don d’une main mourante, Image de mon Dieu ! Que de pleurs ont coulé sur tes pieds, que j’adore, Depuis l’heure sacrée où, du sein d’un martyr, Dans mes tremblantes…

La Sagesse

Ô vous, qui passez comme l’ombre Par ce triste vallon des pleurs, Passagers sur ce globe sombre, Hommes! mes frères en douleurs, Ecoutez : voici vers Solime Un son de la harpe sublime Qui charmait l’écho du Thabor : Sion en frémit sous sa cendre, Et le vieux palmier croit…

Ischia

Le soleil va porter le jour à d’autres mondes; Dans l’horizon désert Phébé monte sans bruit, Et jette, en pénétrant les ténèbres profondes, Un voile transparent sur le front de la nuit. Voyez du haut des monts ses clartés ondoyantes Comme un fleuve de flamme inonder les coteaux, Dormir dans…

La Branche D’amandier

De l’amandier tige fleurie, Symbole, hélas! de la beauté, Comme toi, la fleur de la vie Fleurit et tombe avant l’été. Qu’on la néglige ou qu’on la cueille, De nos fronts, des mains de l’Amour, Elle s’échappe feuille à feuille, Comme nos plaisirs jour à jour! Savourons ces courtes délices;…

Élégie

Cueillons, cueillons la rose au matin de la vie; Des rapides printemps respire au moins les fleurs. Aux chastes voluptés abandonnons nos coeurs, Aimons-nous sans mesure, à mon unique amie! Quand le nocher battu par les flots irrités Voit son fragile esquif menacé du naufrage, Il tourne ses regards aux…