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Recueil : Penserosa

Jalousie

Jeunes femmes, parfois, quand je vais me mêler A vos jeux… si je sens mon âme se troubler, Si soudain sur mon front une ride se creuse, Si ma pensée empreint sa trace douloureuse Sur mes traits, que l’on voit se couvrir de pâleur, Ce n’est point jalousie, ô femmes…

Le Liseron

Aimez le Liseron, cette fleur qui s’attache Au gazon de la tombe, à l’agreste rocher ; Triste et modeste fleur qui dans l’ombre se cache Et frissonne au toucher ! Aimez son teint si pâle et son parfum d’amande ; Ce parfum, on le cherche, il ne vient pas à…

Le Malheur

Le malheur m’a jeté son souffle desséchant : De mes doux sentiments la source s’est tarie, Et mon âme incomprise avant l’heure flétrie, En perdant tout espoir perd tout penser touchant, Mes yeux n’ont plus de pleurs, ma voix n’a plus de chant, Mon cœur désenchanté n’a plus de rêverie…

Paris

Quand je vais triste et seule, et que, dans le ciel gris, Je suis quelque nuage errant sur les toitures, Et, comme ces draps noirs qu’on met aux sépultures, Couvrant des boulevards les arbres rabougris ; Lorsqu’au bourdonnement de ce chaos qui passe, De ce peuple encombrant l’horizon et l’espace…

Penserosa

Le marbre le plus pur créé par Michel-Ange Est un jeune guerrier triste et beau comme un ange ; L’artiste l’a sculpté languissamment assis A l’angle du tombeau de l’un des Médicis ; Il rêve, il est empreint d’une vague souffrance : C’est le génie en deuil de la belle…

Plus De Vers

Non, plus de vers, jamais ; ce monde où tout s’altère, Ma muse, a fait pâlir ton front pudique et saint, Ton aile s’est brisée en touchant à la terre : Comme un oiseau blessé cache-toi dans mon sein. Non, plus de vers, jamais, car les vers sont des larmes…

Souviens-toi De Moi

Pars, puisque la gloire t’appelle ! Mais lorsque tu t’enivres d’elle, Oh ! du moins, souviens-toi de moi ! Quand la louange autour de toi Se répand douce à ton oreille, Ah ! que mon image s’éveille Dans ton cœur, souviens-toi de moi ! D’autres femmes te seront chères. D’autres…

Une Matinée

Une heure douce est rare ; il nous la faut compter Lorsque sur notre vie elle vient s’arrêter ; Ce matin, près de vous, cette heure m’est venue Le soleil se baignait dans une blanche nue, Et du jardin claustral où nous étions assis Ses rayons onduleux doraient les murs…