Question Mentalité

Question mentalité tu sais qu’j’ai des principes

C’est pour ça qu’avec moi faut travailler correct

Comm’ça tout ira bien, je n’suis pas mauvais type

T’as un joli p’tit cul, faut tâcher d’faire avec

C’est moi personnellement qui vais t’prendr’à la base

C’est la chanc’de ta vie, je te mets sur Paris

Seul’ment je te préviens, faut leur fout’ de l’esstase

Vu qu’l’esstase y a pus qu’ça pour fair’monter tes prix
Le mich’ton c’est pas lui qui commande, attention !

Mais question sentiment, faut bien y laisser croire

Que c’est lui qui t’apprend, qu’au plumard c’est un lion

C’est pour ça qu’au départ, il faut pas l’fair trop boire

Tu risques de l’finir avant de l’commencer

Alors il est vexé, question orgueil il r’naude

Jamais tu le r’verras, c’est fini c’est classé

Les finir à la main, ça s’fait mais c’est d’la fraude
Celui qui cherche un cul c’est qu’il en a besoin

En général c’est pas pour planter des tulipes

Je veux qu’i’t’fout’K.O. ! Faut pas qu’il gagne aux points

C’est pour ça qu’l’important, c’est d’fignoler tes pipes !

C’est un hors d’oeuvr’rien d’plus, un amus’gueul’c’est tout

Il faut qu’i’soye d’attaque pour le plat d’résistance

Tu lui gueul’qu’i’t’rend folle pendant qu’il tir’son coup

Et quand il a fini tu lui gueul’  » viv’la France « .

Si Monseigneur Voulait

Si Monseigneur l’évêque voulait bien racheter

Le bordel clandestin de la rue Saint-Antoine.

Et le petit bistrot qui se trouve à côté,

Ça ferait bien plaisir à monsieur le Chanoine.

L’archiprêtre a besoin de ce que vous savez.

Il n’est plus temps pour lui de changer d’habitude,

Il se confesse après, trois Pater trois Ave,

N’empêch’ que les bonn’ dames trouv’nt la chose un peu rude.
Si Monseigneur l’évêque pouvait envisager

D’acquérir en sous-main l’endroit que j’lui signale,

Il pourrait apaiser les besoins du clergé

En tout’ sécurité, à l’abri du scandale

Madam’ de Saint-Laurent a mis les choses au point.

Si je vends mon bordel à Monseigneur l’évêque,

Mes p’tites en s’ront ravies, ell’s en prendront bien soin !

Qu’il vienn’ bouffer chez moi, dimanche, avec un chèque !
Si seul’ment je pouvais convaincre Monseigneur,

J’en serais si content pour notre bon Chanoine

Et pour tous ces messieurs, je les connais par coeur.

Achetez le bordel de la rue Saint-Antoine,

Le personnel est bien, les locaux sont repeints,

Y’a pas d’morte saison, que Monseigneur se l’dise !

Et ces petites, au fond, faut bien qu’ell’ gagn’t leur pain,

Il vaut mieux que ce soit dans le giron d’l’Église.

Tango (toi Tu Baises)

Toi tu baises comme un’ reine et c’est un compliment

que j’ai pas l’habitud’ de faire à la légère.

T’as que’chose et j’suis sûr qu’avec de l’entrain’ment

si tu suis mes conseils, tu peux faire une carrière

mais faut pas t’gaspiller avec n’importe qui,

rien que du premier choix, toi t’as l’genre scientifique,

et même un raffiné, avec toi c’est d’l’acquis.

V’là mon avis, t’as l’don, te manqu’ que la technique.
Un’ belle anatomie quand on sait s’en servir

ça vous enrichit mieux qu’ d’avoir fair des études,

mais les admirateurs, il faut bien s’les choisir ;

toi t’auras vit’ compris, juste un peu d’habitude

Les gonzesses on peut dir’ que j’connais la question,

j’ai connu des championn’s mais toi tu les bats toutes.

Mêm’ quand tu parles pas t’as d’la conversation.

Heureusement qu’ le hasard m’a placé sur ta route
Les rousses on a beau dire, dès qu’il s’agit d’baiser,

ell’s ont ça dans la peau, y’a rien à leur apprendre,

C’est pas plutôt fini qu’il faudrait r’commencer,

mais toi tu m’as surpris et j’suis dur à surprendre.

Tu m’fous la chair de poule, j’os’ même pus t’regarder ;

il suffit qu’ tu t’approches et me v’là dans les transes,

il va s’passer que’qu’chose et ça va pas tarder.

Allez viens mon amour ; amèn’-toi qu’on r’commence.

La Crucifixion

I
Tu viens c’t’ après-midi à la crucifixion ?

T’as qu’à v’nir avec moi, ça t’chang’ra les idées !

Ta bergère est pas là, profit’de l’occasion

Moi j’ai prév’nu Lévy que j ‘prenais ma journée

J’y ai dit  » j’veux voir ça, et pis j’ai mes raisons !  »

Il a pas pu r’fuser vu qu’il y va, cézigue !

Ça va ram ‘ner du monde et marquer la saison

C’ t’affair’là, tu vas voir, mais le truc qui m’intrigue

C’est qu’sur les trois clients qu’ils vont foutre au séchoir

Y en a deux, paraît-il, qu’on a dû bien connaître

Ils nous ont fait marron sur un coup d’marché noir

On ira les r’garder, ça les amus’ra p’t’être
Quand on avait l’tuyau pour les surplus romains

J’avais tout préparé, tout mâché la besogne,

On était cinq su’l’coup, vraiment du cousu-main !

Quand ils nous ont doublé, on a passé la pogne

Mais j’dois dire qu’aujourd’hui, je vais bien rigoler

Comm’quoî, mon vieux cochon, y a tout d’même un’justice

Comm’disait mon vieux père :  » Faut pas tuer ni voler à moins

D’être certain que le coup réussisse !  »
Le troisième, il paraît qu’il marche à la gamberge

Il jacte à droite à gauche, on l’a vu v’nir de loin

Il est pas vieux du tout, il n’a pas trente-cinq berges

On n’sait pas bien qui c’est, c’est pas un gars du coin

C’est un genr’de r’bouteux, il guérit les malades

Ça fait trois ans, guèr’plus, qu’il est sur le trimard

N’empêch’que le Pilate et ses p’tits camarades

L’ont prié d’obéir et d’arrêter son char

Comm’disait mon vieux père :  » La poisse, elle vient tout’seule

Mais plus tu veux jacter, plus qu’ell’vient rapid’ment

C’est un’bell’qualité d’savoir fermer sa gueule  »

Mon père, pour un ivrogne, il n’manquait pas d’jug’ment !
D’ailleurs, en fait d’jug’ment, c’est par là qu’ça commence

Si tu veux v’nir, tu viens Moi j’veux pas m foutr’en r’tard

Tu viens pas Moi j’m’en vais J’te dirai c’que j’en pense !

J’pass’rai pour l’apéro, à sept heures, au plus tard.
II
Ça y est, me v’la r’venu, j’en ai les jamb’coupées

J’ai vu assez d’salauds pour le restant d’mes jours

Et c’est l’genr’d’histoir’ qui s’ra vite étouffée

T’en entendras causer, crois-moi, pis mêm’les sourds
D’abord le tribunal, une vraie rigolade !

Les carott’ étaient cuites, archi-cuites au début

Le Pilate s’en foutait, mais les p’tits camarades

Ça gueulait maximum, aussi fort qu’ils ont pu

Le mec, il était là, il a pas dit grand-chose

Et pis j’étais trop loin ; j’ai pas bien entendu

Tout l’mond’braillaît là-d’dans, mais pour plaider sa cause

Y a personn’qu’à moufté Ni l’avocat non plus

D’ailleurs, y en n’avait pas ! C’était la mascarade !

Et j’suis sûr que le gars il est blanc comm’l’agneau

Tu peux dir’que l’Pîlate et ses p’tits camarades

Ça fait avec nous autres un’bell’band’de salauds

On a beau êtr’voyou, viv’comm’des malhonnêtes

Y a tout d’mêm’des machins qui vous fout’le bourdon

Tout était combiné, mêm’Ja croix qu’était prête

Et quand on vous y colle on sait qu’c’est pour de bon

Et pis la croix maint’nant c’est toi qui t’la coltines

C’est nouveau, j’te préviens, si ça t’arrive un jour

Tout seul et ça su’l’dos jusqu’en haut d’la colline.

Il s’est juste arrêté pour faire un p’tit discours,

Il s’trouvait juste en face d’un ramassis d’bonn’femmes

Qui chialaient comm’des veaux, faut dir’qu’y avait d’quoi,

Il leur a dit comm’ça  » pour le salut d’vos âmes

il vaudrait mieux pleurer sur vous-mêmes que sur moi !  »
Sa vieille elle était là, la pauv’mémère, tout’seule

Y aurait pas eu un mec pour y donner la main,

Surtout quand son fiston il s’est cassé la gueule !

Trois fois d’suite sous les coups d’ces enfoirés d’romains !

Moi, ça m’a foutu l’noir, pourtant j’suis pas sensible

Ça m’a tout barbouillé, j’en suis cœur sur carreau !

Faut dir’que l’populo c’est vraiment des horribles

Ils sont pour la plupart plus fumiers qu’les bourreaux
Bref, je n’suis pas r’venu pour gâcher la soirée

Ils l’ont cloué là-d’ssus et tout l’monde est parti

Moi j’en suis lessivé, tu parles d’une journée

Et tout l’monde est pareil et pis c’est pas fini
Les deux autres ? Ah ben oui, pardonn’moi si j’t’excuse

Hé ben j’les ai pas vus, j’y ai mêm’plus pensé !

Ils sont toujours là-haut, vas-y si ça t’amuse

Pour moi ça va comm’ça, j’en ai vu bien assez !

Paulo, tu m’connais bien, tu sais qu’les innocents

Je m’en fous complèt’ment, seul’ment pour le quart d’heure

Je dois dir’que c’que j’ai vu, ça m’a tourné les sangs

Un mot que j’dis jamais, Paulo, ça m’a fait peur !

La Musique Militaire

Je n’connais rien d’plus beau qu’la musique militaire.

Au moins ça, c’est viril, c’est bon pour nos p’tits gars !

Quand sonnent les tambours, tout l’monde est solidaire,

Le rythme vous entraîne, on y va d’un seul pas !

Le regard fier et droit, vers l’enn’mi qui recule,

Ayant déjà compris qu’il n’avait plus d’espoir.

Vaincre s’écrit pour nous en lettres majuscules,

C’est avec des clairons que l’on écrit l’histoire !

Fallait nous voir, nous autres, au quatre-vingt-treizième,

On en voulait, j’vous jure, oh sacré nom de nom !

On avait beau suer d’peur, on avançait quand même,

Musique en tête, hardi ! Baïonnette au canon

Mais les jeun’s d’aujourd’hui, ça joue les anarchistes,

Ça prétend réfléchir, la guerre ne leur dit rien,

Malheureux galopins, c’est tout d’même un peu triste,

Vous irez comm’ les autres, au baroud, j’espèr’ bien !

La musiqu’ militaire, c’est comme un bain d’jouvence,

Ça nous rappelle à tous quels gaillards nous étions !

On leur en a fait voir ! Tous les enn’mis d’la France

Devant nous, dans mon temps, ça baissait pavillon !

Y a pas d’raison qu’ce soit toujours les mêm’ qui paient

Pour sauver la Patrie et l’honneur du drapeau,

On s’est battu pour eux, ils nous doiv’nt la pareille.

C’est l’devoir du soldat d’aller risquer sa peau.

La musiqu’ militaire, y a qu’ça qui fait des hommes

Et pas des p’tits voyous, du gibier d’boît’ de nuit !

S’ils avaient fait comm’ moi la bataill’ de la Somme,

Ils auraient sûr’ment l’droit d’en êt’ fiers aujourd’hui.

Ah ! Si on écoutait les conseils des vieill’ classes

On leur battrait l’rappel, on les f’rait foutre au rang

Et voir en première ligne un peu comment ça s’passe !

Et dev’nir, s’il le faut, l’orgueil de leurs parents !

La Pierrette À Pigale

Le premier qui me dit des mots qui me plais’nt pas

Je l’attrape au kolback et j’y file un’ mandale,

J’fais quatre vingt kilos et tâtez, y a pas d’gras !

Et c’est moi qu’on appell’ la Pierrette, à Pigalle.

J’ai 42 balais et j’ai 10 ans d’Légion,

Et si j’aim’ les bas d’soie et les talons aiguille,

L’premier qu’est pas content, je les lui plante au fion !

Quoiqu’de mon naturel, je soye plutôt bonn’ fille.
C’qu’i’ faut pas dans la griv’ c’est l’imagination,

On se vir’ sa cuti, comm’ ça, comm’ qui rigole,

Avec le temps qui passe on se chop’ des passions,

On commenc’ comm’ caïds, on se r’trouv’ chez les folles,

Et pis quoi ? Du moment qu’on est bien dans sa peau,

C’est plutôt rigolo de chanstiquer ses fringues,

De s’coller des perlouzes C’est p’t’-êt’ con, mais c’est beau !

Sans c’truc-là, dans l’désert, moi je s’rais dev’nu dingue.
Alors il faut comprendre Quand t’as joué les costauds

Pendant dix ou quinze ans, un beau jour t’en as classe,

Tu cherches ailleurs Tu trouves ! Et pis tu chang’s de peau ;

Mêm’ de s’fair’ mett’ un peu, je te jure, ça délasse.

Ceci dit, moi je tiens à ma virilité,

Si j’me sape en gonzesse, c’est pas tell’ment qu’ j’adore,

C’est que ma clientèle, y a qu’ça pour l’exciter

Alors je fais c’qu’i’faut, c’est plutôt du folklore.
Et pis moi sur la peau j’ai que d’l’Yves Saint-Laurent,

Je supporterais pas des trucs qui soyent vulgaires,

C’est comm’ ça que je m’fais dans les 20 briques par an,

Je n’me faisais pas ça quand j’étais militaire ;

Le seul dram’ de ma vie, c’est que mon p’tit ami,

Il a vingt ans d’moins qu’moi, j’ai peur qu’i’s’fass’ la malle,

C’est pas son intérêt, j’l’ai prév’nu, j’y ai dit !

Tout l’mond’ saurait qui c’est la Pierrette à Pigalle

Le Cul De Ma Sœur

Ma sœur avait un cul quasiment historique

mêm’ les vieux du quartier n’avaient jamais vu mieux

il était insolent, il était poétique

et le plus fort de tout c’est qu’il faisait sérieux

On venait de très loin voir cette pièce unique

Histoire de dir’ plus tard qu’on s’en était servi

Un cul beau comme un Dieu, glorieux et magnifique

tous ceux qui l’avaient vu s’en retournaient ravis
Avec un cul comm’ ça, si tu fais pas fortune

ou bien ce s’ra la flemme ou bien ce s’ra qu’t’es con !

va-t-en un peu l’offrir un peu le soir au clair de lune

et tu verras ma sœur si c’est moi qu’ai raison.
Il est bien évident qu’une telle merveille

ne peut pas être vu par le premier venu

ma sœur montrait son cul à ceux qu’avaient d’l’oseille

Et l’on payait d’avance, en or bien entendu

Grâce à lui le quartier redevint touristique

retrouva d’un seul coup, tout’sa prospérité

ma sœur battait de loin les courtisanes antiques

c’est elle qui rendit son faste à la cité
Ma mère savait r’cevoir le client, ça faut dire !

Ell’faisait patienter au p’tit salon du bas,

le p’tit clin d’oeil en coin, toujours le mot pour rire

Ah ça, mon bon monsieur, vous ne l’regrett’rez pas

c’est un cadeau du ciel, un’ fill’ comm’ ça, j’vous jure

adorant son travail et modeste avant tout

avec un d’ces pétards bon pour tout’ les pointures

un cul mon bon monsieur comme y en n’a pas beaucoup !

Les Folles

Si tu m’avais connu quand j’étais jeune et belle

Y a seul’ment cinq six ans, t’aurais sauté en l’air

Je peux dir’ que j’fauchais mon oseille à la pelle

L’amour c’est un pactole mais faut savoir le faire

J’ai fait mes premiers pas dans l’île de la Cité

J’avais dans les treize ans, je n’ connaissais personne

La chance m’a fait croiser le cocu d’une baronne

Et ce qui l’a flingué, c’est ma féminité.
À dix-sept ans, j’avais quatre amants, cinq voitures

Pour avoir du pognon, j’avais qu’à l’ver les cils

Mais ce qu’il faut trouver, c’est des liaisons qui durent

Après, ça va tout seul, on a la vie facile

J’étais connu partout, j’étais le roi des plages,

Tu peux mêm’ pas savoir comme j’étais beau tout nu

Maint’nant j’ fais boudiné Qu’est-ce que tu veux, c’est l’âge

T’aurais pas résisté, si tu m’avais connu.
Au fond, c’est la Patrie qu’a brisé ma carrière

J’étais avec un vieux, milliardaire, à Capri

J’me suis r’trouvé sans un, dix-huit mois militaire

Avec des gens vulgaires C’était pas l’même esprit !

Quand je suis arrivé, le soir, à la chambrée

Me fair’ beaucoup d’amis, moi j’demandais pas mieux.

I’ m’ont traité de tout, j’en étais boulversée

Tout ça pasque j’avais du rimmel sur les yeux.
Tu sais, j’ai toujours eu l’épiderme fragile

Faut que j’ mette de la crème, sinon je suis fripé

Fallait qu’ je l’ fasse en douce, i’m’laissaient pas tranquille

Un jour, j’en pouvais plus, j’les aurais bien griffés.

J’étais tout blond dans l’temps, blond doré, couleur paille

T’aurais dit Jean Marais dans l’Éternel Retour

I’m’ont tondu, rasé C’est malin comm’ trouvaille !

Attaché sur une chaise au beau milieu d’la cour.
J’ai dit  » pisque c’est ça, fini la gentillesse  »

J’ai vampé l’colonel et j’l’ai tout compromis !

Il m’écrivait des lettres où qu’i m’parlait d’mes fesses

On a dû le déplacer, d’ailleurs, pis moi aussi.

Cinq ans d’Afrique du Nord, j’ai fait ça, c’était chouette !

D’abord à la Légion, ensuite à la Casbah

J’dansais dans un clandé, on m’appelait Mistinguett

Si j’avais tout le pognon que j’ai gagné là-bas.
Seul’ment c’était trop beau, trop beau pour que ça dure

J’ai dû quitter tout ça rapport aux évèn’ments

Et puis voilà voilà J’suis chez Madame Arthur

Bien sûr c’est pas l’Pérou, mais j’vis correctement

Mais tu vois c’qui m’ennuie, c’est qu’cà soye à Pigalle

Pasque j’aime pas l’quartier, je peux pas le supporter

Les putains je m’en fous quand ell’font pas scandale

Mais y’a vraiment trop de flics, et pis c’est plein d’pédés.

Les Vieillards

Les vieillards c’est pas beau, ça fout rien, ça fait d’l’ombre,

Qu’on les fout’ n’importe où c’est moche et ça encombre,

Les faire bosser macach’, c’est immoral comme tout,

Ça vous f’rait mal juger, montrer du doigt partout.
Alors on garde ça, juste un p’tit peu d’patience,

On les coll’ dans un coin où ça s’remarque pas,

C’est sage et ça dit rien, on sait pas c’que ça pense,

L’ plus triste c’est qu’ça bouffe et qu’ ça n’rapporte pas.
Quand j’rassembl’ les souv’nirs que j’ai de ma grand-mère,

Pauv’ femm’ qui finissait ses jours en déconnant,

Je m’rappell’ c’que ma mèr’ lui braillait si souvent :

 » Tu n ‘sais plus fair’ qu’un’ chos’, ramasser la poussière !  »
La viocqu’ répondait rien, ell’ rigolait tout’ seule

En mordillant ses ch’veux qu’ell’ ram’nait par devant,

Et mon pèr’ bougonnait, songeur en la r’gardant :

 » Non content’ de m’fair’ suer, faut qu’ell’ s’fout’ de ma gueule.  »
Et plus qu’ils sont toquards, plus qu’ils ont la vie dure,

En buter quelques-uns, pas question, y a des lois.

J’ai essayé un jour d’en s’mer un dans un bois,

Peau d’balle, essayez donc, ils vous r’vienn’nt en voiture !