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Recueil : Poésies diverses

Dans Un Baiser

Dans un baiser, l’onde au rivage Dit ses douleurs ; Pour consoler la fleur sauvage L’aube a des pleurs ; Le vent du soir conte sa plainte Au vieux cyprès, La tourterelle au térébinthe Ses longs regrets. Aux flots dormants, quand tout repose, Hors la douleur, La lune parle, et…

Quand Ces Beaux Yeux

Quand ces beaux yeux jugeront que je meure, Avant mes jours me bannissant là bas, Et que la Parque aura porté mes pas A l’autre bord de la rive meilleure, Antres et près, et vous forêts, à l’heure, Pleurant mon mal, ne me dédaignez pas ; Ains donnez-moi, sous l’ombre…

Sonnet (i)

Je n’ay plus que les os, un squelete je semble, Decharné, denervé, demusclé, depoulpé, Que le trait de la mort sans pardon a frappé ; Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble. Apollon et son fils, deux grands maistres ensemble, Ne me sçauroient guerir, leur mestier…

Sonnet (ii)

Meschantes nuicts d’hyver, nuicts filles de Cocyte, Que la Terre engendra, d’Encelade les sœurs ; Serpentes d’Alecton et fureur des fureurs, N’approchez de mon lict, ou bien tournez plus vite. Que fait tant le soleil au giron d’Amphitrite ? Leve-toy, je languis, accablé de douleurs ; Mais ne pouvoir dormir,…

Sonnet (iii)

Donne-moy tes presens en ces jours que la brume Fait les plus courts de l’an, ou, de ton rameau teint Dans le ruisseau d’oubly, dessus mon front espreint, Endors mes pauvres yeux, mes gouttes et mon rhume. Misericorde, ô Dieu ! ô Dieu, ne me consume A faute de dormir…

Sonnet (iv)

Ah ! longues nuicts d’hyver, de ma vie bourrelles, Donnez-moy patience, et me laissez dormir ! Vostre nom seulement, et suer et fremir Me fait par tout le corps, tant vous m’estes cruelles. Le sommeil tant soit peu n’évente de ses ailes Mes yeux tousjours ouverts, et ne puis affermir…

Vœu À Vénus

Belle Déesse, amoureuse Chyprine, Mère du Jeu, des Grâces et d’Amour, Qui fais sortir tout ce qui vit au jour, Comme du Tout le germe et la racine ; Idalienne, Amathonte, Erycine, Défends des Turcs Chypre ton beau séjour ; Baise ton Mars, et tes bras à l’entour De son…

Nature Ornant La Dame

Nature ornant la dame qui devait De sa douceur forcer les plus rebelles, Lui fit présent des beautés les plus belles, Que dès mille ans en épargne elle avait. Tout ce qu’Amour avarement couvait De beau, de chaste et d’honneur sous ses ailes, Emmiella les grâces immortelles De son bel…

Ode Saphique Xxx

Belle dont les yeux doucement m’ont tué Par un doux regard qu’au cœur ils m’ont rué, Et m’ont en un roc insensible mué En mon poil grison, Que j’estois heureux en ma jeune saison, Avant qu’avoir beu l’amoureuse poison ! Bien loin de souspirs, de pleurs et de prison, Libre…