Poèmes

Le cœur sur l’arbre vous n’aviez qu’à le cueillir,

Sourire et rire, rire et douceur d’outre-sens.

Vaincu, vainqueur et lumineux, pur comme un ange,

Haut vers le ciel, avec les arbres.
Au loin, geint une belle qui voudrait lutter

Et qui ne peut, couchée au pied de la colline.

Et que le ciel soit misérable ou transparent

On ne peut la voir sans l’aimer.
Les jours comme des doigts repliant leurs phalanges.

Les fleurs sont desséchées, les graines sont perdues,

La canicule attend les grandes gelées blanches.
À l’œil du pauvre mort. Peindre des porcelaines,

Une musique, bras blancs tout nus.

Les vents et les oiseaux s’unissent — le ciel change.

Porte Ouverte

La vie est bien aimable.

Venez à moi, si je vais à vous c’est un jeu,

Les anges des bouquets dont les fleurs changent de couleur.

Raison De Plus

Les lumières en l’air,

L’air sur un tour moitié passé, moitié brillant,

Faites entrer les enfants,

Tous les saluts, tous les baisers, tous les remerciements.
Autour de la bouche

Son rire est toujours différent,

C’est un plaisir, c’est un désir, c’est un tourment,

C’est une folle, c’est la fleur, une créole qui passe.
La nudité, jamais la même.

Je suis bien laid.

Au temps des soins, des neiges, herbes en soins,

Neiges en foule,

Au temps en heures fixes,

Des souples satins des statues.

Le temple est devenu fontaine.

Et la main remplace le cœur.
Il faut m’avoir connu à cette époque pour m’aimer, sûr du lendemain.

Ronde

Sous un soleil ressort du paysage

Une femme s’emballe

Frise son ombre avec ses jambes

Et d’elle seule espère les espoirs les plus mystérieux.
Je la trouve sans soupçons sans aucun doute amoureuse

Au lieu des chemins assemblés

De la lumière en un point diminuée

Et des mouvements impossibles

La grande porte de la face

Aux plans discutés adoptés

Aux émotions de pensée

Le voyage déguisé et l’arrivée de réconciliation
La grande porte de la face

La vue des pierres précieuses

Le jeu du plus faible en plus fort.

Rubans

L’alarme matérielle où, sans excuse, apparaît la douleur future.
C’est bien : presque insensible. C’est un signe de plus de dignité.
Aucun étonnement, une femme ou un gracieux enfant de toile fine et de paille, idées de grandeur,
Leurs yeux se sont levés plus tôt que le soleil.
*
Les sacrifiés font un geste qui ne dit rien parmi la dentelle de tous les autres gestes, imaginaires, à cinq ou six, vers le lieu de repos ou il n’y a personne.
Constaté qu’ils se sont réfugiés dans les branches nues d’une politesse désespérée, d’une couronne taillée à coups de vent.
Prendre, cordes de la vie. Pouviez-vous prendre plus de libertés ?
*
De petits instruments,
Et les mains qui pétrissent un ballon pour le faire éclater, pour que le sang de l’homme lui jaillisse au visage.
Et les ailes qui sont attachées comme la terre et la mer.

Sans Musique

Les muets sont des menteurs, parle.

Je suis vraiment en colère de parler seul

Et ma parole

Éveille des erreurs.
Mon petit cœur.

Suite

Pour l’éclat du jour des bonheurs en l’air

Pour vivre aisément des goûts des couleurs

Pour se régaler des amours pour rire

Pour ouvrir les yeux au dernier instant
Elle a toutes les complaisances.

Suite (2)

Dormir, la lune dans un œil et le soleil dans l’autre,

Un amour dans la bouche, un bel oiseau dans les cheveux,

Parée comme les champs, les bois, les routes et la mer,

Belle et parée comme le tour du monde.
Puis à travers le paysage,

Parmi les branches de fumée et tous les fruits du vent,

Jambes de pierre aux bas de sable,

Prise à la taille, à tous les muscles de rivière,

Et le dernier souci sur un visage transformé.

Volontairement

Aveugle maladroit, ignorant et léger,

Aujourd’hui pour oublier,

Le mois prochain pour dessiner

Les coins de rue, les allées à perte de vue.

Je les imite pour m’étendre

Dans une nuit profonde et large de mon âge.

Plus Près De Nous

Courir et courir délivrance

Et tout trouver tout ramasser

Délivrance et richesse

Courir si vite que le fil casse

Au bruit que fait un grand oiseau

Un drapeau toujours dépassé.

L’impatient

Si triste de ses faux calculs

Qu’il inscrit ses nombres à l’envers

Et s’endort.
Une femme plus belle

Et n’a jamais trouvé,

Cherché les idées roses des quinze ans à peine,

Ri sans le savoir, sans un compliment

Aux jeunesses du temps.
À la rencontre

De ce qui passait à côté

L’autre jour,
De la femme qui s’ennuyait,

Les mains à terre,

Sous un nuage.
La lampe s’allumait aux méfaits de l’orage

Aux beaux jours d’Août sans défaillances,

La caressante embrassait l’air, les joues de sa compagne,

Fermait les yeux

Et comme les feuilles le soir

Se perdait à l’horizon.

L’invention

La droite laisse couler du sable.

Toutes les transformations sont possibles.
Loin, le soleil aiguise sur les pierres sa hâte d’en finir.

La description du paysage importe peu,

Tout juste l’agréable durée des moissons.
Clair avec mes deux yeux,

Comme l’eau et le feu.
*
Quel est le rôle de la racine ?

Le désespoir a rompu tous ses liens

Et porte les mains à sa tête.

Un sept, un quatre, un deux, un un.

Cent femmes dans la rue

Que je ne verrai plus.
*
L’art d’aimer, l’art libéeral, l’art de bien mourir, l’art de penser, l’art incohérent, l’art de fumer, l’art de jouir, l’art du moyen âge, l’art decoratif, l’art de raisonner, l’art de bien raisonner, l’art poétique, l’art mécanique, l’art érotique, l’art d’être grand-pére, l’art de la danse, l’art de voir, l’art d’agrément, l’art de caresser, l’art japonais, l’art de jouer, l’art de manger, l’art de torturer.
*
Je n’ai pourtant jamais trouvé ce que j’écris dans ce que j’aime.

L’ombre Aux Soupirs

Sommeil léger, petite hélice,

Petite, tiède, cœur à l’air.

L’amour de prestidigitateur,

Ciel lourd des mains, éclairs des veines,
Courant dans la rue sans couleurs,

Pris dans sa traîne de pavés,

Il lâche le dernier oiseau

De son auréole d’hier —

Dans chaque puits, un seul serpent.
Autant rêver d’ouvrir les portes de la mer.

Luire

Terre irréprochablement cultivée,

Miel d’aube, soleil en fleurs,

Coureur tenant encore par un fil au dormeur

(Nœud par intelligences)

Et le jetant sur son épaule :

 » Il n’a jamais été plus neuf,

Il n’a jamais été si lourd.  »

Usure, il sera plus léger,

Utile.

Clair soleil d’été avec :

Sa chaleur, sa douceur, sa tranquillité

Et, vite,

Les porteurs de fleurs en l’air touchent de la terre.

L’unique

Elle avait dans la tranquillité de son corps

Une petite boule de neige couleur d’œil

Elle avait sur les épaules

Une tache de silence une tache de rose

Couvercle de son auréole

Ses mains et des arcs souples et chanteurs

Brisaient la lumière
Elle chantait les minutes sans s’endormir.