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Recueil : Vergers

Printemps

Ô mélodie de la sève qui dans les instruments de tous ces arbres s’élève -, accompagne le chant de notre voix trop brève. C’est pendant quelques mesures seulement que nous suivons les multiples figures de ton long abandon, ô abondante nature. Quand il faudra nous taire, d’autres continueront Mais à…

Paume

Paume, doux lit froissé où des étoiles dormantes avaient laissé des plis en se levant vers le ciel. Est-ce que ce lit était tel qu’elles se trouvent reposées, claires et incandescentes, parmi les astres amis en leur élan éternel ? Ô les deux lits de mes mains, abandonnés et froids,…

Portrait Intérieur

Ce ne sont pas des souvenirs qui, en moi, t’entretiennent ; tu n’es pas non plus mienne par la force d’un beau désir. Ce qui te rend présente, c’est le détour ardent qu’une tendresse lente décrit dans mon propre sang. Je suis sans besoin de te voir apparaître ; il…

Puisque Tout Passe, Faisons

Puisque tout passe, faisons la mélodie passagère ; celle qui nous désaltère, aura de nous raison. Chantons ce qui nous quitte avec amour et art ; soyons plus vite que le rapide départ.

Si L’on Chante Un Dieu

Si l’on chante un dieu, ce dieu vous rend son silence. Nul de nous ne s’avance que vers un dieu silencieux. Cet imperceptible échange qui nous fait frémir, devient l’héritage d’un ange sans nous appartenir.

Souvent Au-devant De Nous

Souvent au-devant de nous l’âme-oiseau s’élance ; c’est un ciel plus doux qui déjà la balance, pendant que nous marchons sous des nuées épaisses. Tout en peinant, profitons de son ardente adresse.

Sur Le Soupir De L’amie

toute la nuit se soulève, une caresse brève parcourt le ciel ébloui. C’est comme si dans l’univers une force élémentaire redevenait la mère de tout amour qui se perd.

Tout Se Passe À Peu Près Comme

Tout se passe à peu près comme si l’on reprochait à la pomme d’être bonne à manger. Mais il reste d’autres dangers. Celui de la laisser sur l’arbre, celui de la sculpter en marbre, et le dernier, le pire : de lui en vouloir d’être en cire.

La Déesse

Au midi vide qui dort combien de fois elle passe, sans laisser à la terrasse le moindre soupçon d’un corps. Mais si la nature la sent, l’habitude de l’invisible rend une clarté terrible à son doux contour apparent.