Bêtise De La Guerre

Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,
Berceuse du chaos où le néant oscille,
Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,
Toute pleine du bruit furieux des clairons,
Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,
Hideuse, entraîne l’homme en cette ivrognerie,
Nuée où le destin se déforme, où Dieu fuit,
Où flotte une clarté plus noire que la nuit,
Folle immense, de vent et de foudres armée,
A quoi sers-tu, géante, à quoi sers-tu, fumée,
Si tes écroulements reconstruisent le mal,
Si pour le bestial tu chasses l’animal,
Si tu ne sais, dans l’ombre où ton hasard se vautre,
Défaire un empereur que pour en faire un autre ?

Il Est Trop Dur De Vivre Sans Aimer

Je pense à vous lointains exilés. La tristesse m’emporte comme un gros nuage noir dans la tempête. Ici ni là, à travers la vaste plaine, il ne reste plus rien, si ce n’est des barbelés, des bottes de sept lieux en caoutchouc et quelques SOS résignés. On n’entend plus que le bruit sourd des pas dans la glaise. Des couvertures sombres enveloppent les corps oubliés sur le bord du chemin. Qui claque des dents pour inviter les dieux ? La tête courbée sans dire maux. La mer se voudrait profonde pour y engloutir tant de chagrins, de corps funestes.La main qui se tend

Ne peut venir que du fond du cœur.

Il est trop dur de vivre sans aimer.