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Thématique : Poète

Poésie

Barbare et somptueux brasier de pierreries, Le sabre, recourbant sa lame d’acier fin, Fait luire sur la rouge extase d’un coussin L’efflorescent trésor de ses orfèvreries. Il chante l’allégresse atroce des tueries ; La guerre exalte en lui son orgueil assassin ; Et les pierres, qu’enroule un fastueux dessin, Chargent…

Le Poète

ODE. (Couronnée aux jeux floraux.) Des longs ennuis du jour quand le soir me délivre, Poète aux chants divins, j’ouvre en rêvant ton livre, Je me recueille en toi, dans l’ombre et loin du bruit ; De ton monde idéal, j’ose aborder la rive : Tes chants que je répète,…

La Voie Lactée

Aux étoiles j’ai dit un soir :  » Vous ne paraissez pas heureuses ; Vos lueurs, dans l’infini noir, Ont des tendresses douloureuses ;  » Et je crois voir au firmament Un deuil blanc mené par des vierges Qui portent d’innombrables cierges Et se suivent languissamment.  » Êtes-vous toujours en…

Sur Homère

Quand, la dernière fois, dans le sacré vallon, La troupe des neuf sœurs, par l’ordre d’Apollon, Lut l’Iliade et l’Odyssée ; Chacune à le louer se montrant empressée : Apprenez un secret qu’ignore l’univers, Leur dit alors le dieu des vers : Jadis avec Homère, aux rives du Permesse, Dans…

La Parole

Avec le masque du mensonge La parole suit son chemin, Rampe aujourd’hui, vole demain, Se raccourcit ou bien s’allonge. Elle empoigne comme une main Et se dérobe comme un songe. Avec le masque du mensonge La parole suit son chemin. Cœurs de gaze et de parchemin, Chacun la boit comme…

La Femme Noyée

Je ne suis pas de ceux qui disent : Ce n’est rien ; C’est une femme qui se noie. Je dis que c’est beaucoup ; et ce sexe vaut bien Que nous le regrettions, puisqu’il fait notre joie ; Ce que j’avance ici n’est point hors de propos, Puisqu’il s’agit…

Prologue

Je ne suis plus enfant : trop lents pour mon envie, Déjà dix-sept printemps ont passé dans ma vie : Je possède une lyre, et cependant mes mains N’en tirent dès longtemps que des sons incertains. Oh ! quand viendra le jour où, libre de sa chaîne, Mon cœur ne…

La Gloire

Le temps, comme un torrent, roule sur les cités ; Rien n’échappe à l’effort de ses flots irrités : En vain quelques vieillards, sur le bord du rivage, Derniers et seuls débris qui restent d’un autre âge, Roidissant contre lui leur effort impuissant, S’attachent, comme un lierre, au siècle renaissant…

Ma Maison

Sans connaissance aucune en mon Printemps j’étais : Alors aucun soupir encor point ne jetais, Libre sans liberté : car rien ne regrettais En ma vague pensée De mols et vains désirs follement dispensée. Mais Amour, tout jaloux du commun bien des Dieux, Se voulant rendre à moi, comme à…

Ritournelle

Dans la plaine blonde et sous les allées, Pour mieux faire accueil au doux messidor, Nous irons chasser les choses ailées, Moi, la strophe, et toi, le papillon d’or. Et nous choisirons les routes tentantes, Sous les saules gris et près des roseaux, Pour mieux écouter les choses chantantes, Moi,…

Prologue

Bonjour, lecteurs. On me propose Et j’accepte, oh ! les étourdis ! De vous parler tous les lundis Et même pas toujours en prose. La causerie est cependant Chose insaisissable et légère Ainsi que l’ombre passagère D’un nuage sur un étang. Causer en vers, c’est l’art suprême ; Et, pour…

Le Poète

Qui peut empêcher l’hirondelle, Quand vient la saison des frimas, D’aller chercher à tire d’aile D’autres cieux et d’autres climats ? Qui peut, lorsque l’heure est venue, Empêcher au sein de la nue — Le jour éteint de s’arrêter Sur les derniers monts qu’il colore ? L’amant d’aimer, la fleur…

N’avouons Jamais !

Un sort m’est jeté qui me rend stérile, aride, asséché, inapte à créer, moi, l’artiste habile au talent fertile et tant apprécié Un sort m’est jeté ! Ma source est tarie Plus rien n’en jaillit Je vis mais n’existe État qui persiste Tourment sans répitPour l’heure, et de grâce, ne perdons…

Le Soleil

Le long du vieux faubourg, où pendent aux masures Les persiennes, abri des secrètes luxures, Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés Sur la ville et les champs, sur les toits et les blés, Je vais m’exercer seul à ma fantasque escrime, Flairant dans tous les coins les hasards…